Accueil A la une Côte d’Ivoire, le Compendium des compétences féminines sensibilise 150 femmes leaders rurales...

Côte d’Ivoire, le Compendium des compétences féminines sensibilise 150 femmes leaders rurales sur l’autonomisation et la paix à Bouaké

PARTAGER
Plus de 150 femmes leaders rurales ont été instruites sur l'autonomisation et la paix dans la région de Gbêkê/Ph Credo

Le Compendium des compétences féminines de Côte d’Ivoire (Cocof-Ci) a formé plus de 150 femmes leaders rurales sur l’autonomisation et la paix, le jeudi 19 décembre 2019, au Centre culturel Jacques Aka de Bouaké.

Plus de 150 femmes leaders rurales de la région de Gbêkê regroupant les villes de Bouaké, Sakassou, Béoumi, Botro ont reçu une formation du Compendium des compétences féminines de Côte d’Ivoire (Cocof-Ci), en prélude à l’hommage qui sera rendu aux 502 femmes leaders rurales identifiées, le samedi 21 décembre, au Centre culturel Jacques Aka Kacou de Bouaké.

Prof Rose Koffi Epse Nevry, formatrice et responsable formations et programmes au Compendium des compétences féminines de Côte d’Ivoire (Cocof-Ci), a souligné aux femmes que leur identification a été faite par le Comité de région de Bouaké, selon 12 critères définis. Lesquels sont valables pour tout le pays. A l’endroit des femmes leaders rurales, qui seront honorées, la formatrice a dévoilé leur feuille de route consistant à sensibiliser sur l’autonomisation et la paix dans la région de Gbêkê.

A lire: Côte d’Ivoire, de grosses têtes féminines séduisent les invités de la Chaire Unesco

« Quand on parle de l’autonomisation, il faut entreprendre. Vous avez déjà entrepris raison pour laquelle vous êtes là aujourd’hui, mais il faut aller au-delà de ce que vous êtes. On attend de vous que vous puissiez œuvrer pour la paix. La paix dans votre famille d’abord », a-t-elle recommandé. Avant de faire remarquer aux femmes leaders qu’elles ne doivent pas omettre les valeurs du Compendium à savoir amour,  solidarité et audace.

 La région de Gbêkê, projet pilote

« Aujourd’hui, nous sommes dans la région de Gbêkê qui a été touchée par cette identification. Le Gbêkê est la région pilote. Peut-être que parmi vous, il y a n’en qui réponde à un seul, deux voire trois des critères, peu importe. Comme exemple de critères, une femme qui est pionnière dans une activité ; une femme qui investit dans sa communauté, qui inspire confiance, qui aime partage son expérience, qui vit des fruits de son activité ou œuvre pour la consolidation de la paix dans sa communauté », a détaillé la formatrice, tout en précisant qu’il y a 12 au total.

La ministre Euphrasie Yao, présidente du Cocof ci(milieu) Pr Rose Koffi(gche) et Curin Charlotte invitée venue de la Norvège

Sans doute que beaucoup d’entre elles ignorent la signification du Compendium des compétences féminines, la professeure a expliqué dans un langage simple que c’est l’ensemble de femmes compétentes dans leur secteur d’activité. Poursuivant, l’oratrice a révélé qu’il y a des femmes du milieu rural lettrées ou illettrées, et pourtant elles ont des compétences affirmées. Selon elle, il faut les rendre visibles parce qu’elles contribuent au développement de leur communauté, région et pays.

A lire: Côte d’Ivoire, la 2e promotion de graduation des experts en ingénierie du genre présentée

Pour le top 70, le Compendium a décidé de les accompagner dans la recherche de financements des projets auprès des structures publiques et privées.

L’engagement des femmes rurales pour la paix

L’autre pan de la formation a porté sur la paix. Eric Koffi, formateur à la Chaire Unesco Eau, femmes et pouvoir de décisions, a indiqué que l’autonomisation et la paix sont liées. Il a expliqué que le règlement des conflits ou problèmes de paix dans une communauté passe par des stratégies qui sont la conscientisation, le dialogue avec l’autre et la diplomatie.

A lire: Côte d’Ivoire, Rif 2019 : les femmes appelées à installer le règne de paix du Christ dans la nation

Mme Doukou Honorade Kouamé, femme leader rurale et résidente à Bouaké, a affirmé être satisfaite après la formation sur l’autonomisation et la paix. « Avec cette formation de ce matin, je vais exhorter mes parents et surtout mes voisins à œuvrer à la nécessité de préserver la paix dans la région de Gbêkê, et par-delà la Côte d’Ivoire », s’est engagée dame Doukou. 

Une autre participante et présidente de l’Ong Téré (Soleil, en Malinké Ndlr), Tata Tapsoba, se réjouit de la formation portant sur la paix. « Sans la paix, rien ne peut marcher. La ministre Euphrasie Yao, depuis que nous l’avons rencontré, ne parle que de paix. C’est pourquoi, nous les femmes leaders rurales nous nous engageons à œuvrer pour la paix autour de nous, dans nos familles, dans nos associations », souligne-t-elle.

A l’en croire, la présidente de l’Ong Téré, décorée officier du mérite de la paix, cette année, elle dit avoir déjà instauré un dialogue communautaire au niveau des femmes de Bouaké. Rappelant qu’en 2010, lors de l’éclatement de la crise postélectorale, des comités de paix ont été créés dans certains quartiers de Bouaké.

Magloire Madjessou, envoyé spécial à Bouaké

PARTAGER