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Côte d’Ivoire, des prêtres catholiques se prononcent sur la mort de Dj Arafat

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Le Roi du Coupé décalé décoré par la République /Ph DR

Depuis son accident tragique de moto, la mort de Dj Arafat, artiste incontesté et roi du « Coupé décalé » affecte la Côte d’Ivoire et le monde. Credochristi.com a rencontré des prêtres ivoiriens qui racontent Ange Didier, son genre musical et demandent au Seigneur de l’accueillir auprès de lui. 

Le décès tragique de la star du « coupé décalé » en Côte d’Ivoire, Dj Arafat, continue d’affecter le monde entier, particulièrement le clergé. Si les « Chinois”, adeptes de l’artiste, des milliers, la plupart des adultes, jeunes et enfants le pleurent en distillant, dansant en longueur de journée sa musique, faisant le pied de grue sur le lieu du drame, Cocody ou épiloguant à souhait sur les circonstances difficiles et inexplicables de sa mort.

Des prêtres vivant en Côte d’Ivoire et à l’extérieur se prononcent et rendent hommage à ce monument de la musique ivoirienne.« Je l’aimais bien et je suis triste. J’ai toujours cru que Jésus allait faire de lui le saint Paul ivoirien pour convertir plus de jeunes à Christ », avait espéré le père Thierry Michel Mobio, curé de la paroisse Saint Mathias Kalemba Mulumba de Yopougon.  

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« Aujourd’hui, dans presque toutes les cérémonies chrétiennes, lorsque vous y êtes invités, pour égayer les tout-petits, on est obligé de distiller la musique du chanteur Dj Arafat. Alors que la musique chrétienne, c’est à peine si ces gamins chrétiens en connaissent ou dansent, pendant leur fête de baptême ou tout autre. Il a bien conquis le cœur de nos enfants », raconte-t-il.

« Arrêtons ces jugements de valeur »

Père Eric Norbert Abekan, curé de la paroisse Sainte Famille de la Riviera II Cocody, une commune d’Abidjan, dont la mère de l’artiste a rencontré, récemment, estime pour sa part que « l’artiste à apporter à sa manière sa joie dans les familles, dans la communauté de jeunes et des moins jeunes ». Depuis sa mort le 12 août, des voix s’élèvent pour dénoncer ou incriminer l’artiste pour son irrespect et ses déboires avec sa mère Tina Glamour, ses aînés et sa trop grande suffisance dans le milieu du showbiz.

Pire, son indifférence à Dieu. « Prions pour le repos de son âme et arrêtons ces jugements de valeur. Mon appel, c’est que Dieu soit au coeur de chaque instant de notre vie », a conseillé Père Abekan. Puis, il a présenté ses condoléances à sa famille biologique, culturelle et ses fans. ” Merci à toi l’artiste! Repose dans la paix de Dieu ! “, a ajouté l’Ane du Christ (Père Abekan). 

« Prions pour le repos de son âme et arrêtons ces jugements de valeur. Merci à toi l’artiste ! »,  s’est exprimé abbé Abekan

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Quant à père Serge-Faustin Yomi Kabapeu, prêtre du diocèse de Grand-Bassam et doctorant en  théologie dogmatique en Allemagne, se dit affecté par la mort de Dj Arafat.  « Au-delà de ses frasques, c’était quelqu’un qui savait ce qu’il voulait et où il allait », commente-t-il.« Ma formation en pastoral psychologique m’a permis de comprendre que Houon Ange Didier était une personne qui s’est faite tout seul, s’est battue pour se hisser là où son art la conduit ; il a compris que pour être reconnu, se faire une place et un nom, il fallait se battre contre lui, pousser ses limites, travailler durement », a analysé l’abbé Yomi.

Musique incomprise…

Selon père Serge-Faustin Yomi, il n’écoutait pas sa musique. « Mais sa personne m’intéressais », avoue-t-il. « Il définissait sa musique comme une chose pour faire amuser les gens, les aider à déstresser  et à leur donner de la joie. C’est ce qu’il a fait et réussi. Il savait surtout ce que ses mélomanes aimaient. Il leur servait (…) Je voulais comprendre l’homme au-delà de son « masque ». Dommage qu’il soit parti tôt », déplore-t-il. A en croire père Yomi, c’était un « ange »,  et il prit Dieu de l’accueillir dans son sein de père aimant et tendre. « Qu’il inspire d’autres jeunes de la rue à se battre pour changer honnêtement leur situation à partir de ce que le Créateur a inscrit et transcrit en eux ».

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Pour le père Mobio, il dit ne jamais comprendre les paroles de la musique de l’artiste. Toutefois, il reste heureux à l’idée de voir des milliers d’enfants et jeunes extasiés en interprétant et esquivant des pas de danses des morceaux cultes de Daïshi ou Yorôbô. « Je vais demander une messe pour lui »,  a promis le père Mobio.

 Magloire Madjessou