En Côte d’Ivoire, depuis des années, les terres sont bradées à vil prix à des individus venus d’ailleurs, et qui souhaitent faire fortune. Cela met des communautés ou individus en conflit. Cette situation délicate amène les cadres et populations à dénoncer vigoureusement, afin que l’Etat y mette fin à ces problèmes. Mais hélas, l’Etat peine à réagir devant une telle situation forestière ou de territoire donné. L’ancien préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi Irié, de retour sur la terre de ses ancêtres a vécu les pires moments de ce bradage de terres, en régissant sur sa page Facebook. Aujourd’hui encore, il interpelle les autorités à agir promptement. D’où son cri de cœur : « Vous continuez à brader nos terres, non ? »
J’ai écrit. Beaucoup de personnes ont écrit. J’ai parlé. Avant moi, beaucoup de personnes ont parlé. Des gens prennent l’avion. Ils atterrissent. Ils ne sont pas d’ici. Le lendemain, ils achètent des terroirs et des territoires. Ils prennent des centaines et des milliers d’hectares à vil prix, à prix extraordinairement bas, avec l’active complicité de nos propres frères.
Demain, ils diront à nos enfants et à nos arrières petits-enfants que ce pays ne leur appartient pas parce qu’eux sont les vrais propriétaires terriens.
Il y aura des guerres de reconnaissance, des guerres d’identité, des guerres de propriété. Les natifs diront que la puissance publique ne les a pas protégés contre leur propre naïveté, cupidité et avidité. Et ils auront raison.
On parle. Mais il n’y a aucun déclic public. Depuis des mois, j’ai une nouvelle vie rurale et j’assiste à des transactions écœurantes. Vous continuez à brader nos terres à des gens venus d’ailleurs, non ? Attachez vos ceintures, vous ne pourrez pas en assumer les conséquences. Vos enfants vous renieront et dénonceront ces contrats léonins.
Céline Djidjé











































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»