Yopougon accueille cette année les festivités marquant le 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. La plus grande commune d’Abidjan, avec plus d’un million d’habitant, se mobilise pour offrir au pays une célébration à la hauteur de l’événement prévu le 7 août. Depuis plus d’un mois, les rues et autres sont refaits au grand bonheur des citoyens de cette commune peuplée d’Abidjan.
« Tous à Yop ». Comme une invitation adressée à l’ensemble des Ivoiriens, ce slogan apparaît sur de nombreux autocollants apposés à l’avant des minicars communément appelés Gbaka. À l’entrée du quartier Bel Air, le message saute aux yeux et donne déjà le ton des préparatifs.
Pour Kouassi, habitant de la commune, Yopougon n’a plus le même visage. Selon lui, l’annonce de la tenue des festivités a insufflé une nouvelle dynamique dans les différents quartiers. « Ça n’arrive qu’une fois, donc on ne peut pas rater ça », lance-t-il avec enthousiasme. Comme de nombreux riverains rencontrés, il attend avec impatience le jour de la célébration.
Entre les travaux d’embellissement, l’animation grandissante et l’afflux de visiteurs annoncé, l’événement suscite un véritable engouement au sein de la population. Dans les rues de la commune, l’événement alimente les discussions et nourrit un sentiment de fierté partagé. Sous un kiosque du quartier Bel Air, des jeunes échangent sur les préparatifs en cours. Pour eux, accueillir les festivités de l’Indépendance constitue une occasion de montrer une autre image de Yopougon souvent réduite à sa réputation de commune populaire et festive.
« Nous sommes contents parce que toute la Côte d’Ivoire va regarder Yopougon. C’est une fierté pour nous », confie une jeune résidente rencontrée sur place. Cette fierté est également perceptible chez les plus anciens. Certains y voient une marque de considération envers une commune qui concentre une part importante de la population abidjanaise. D’autres espèrent que l’attention accordée à Yopougon à l’occasion de cette célébration contribuera à renforcer son attractivité et à améliorer durablement son cadre de vie.

Le sentiment de fierté est visible bien au-delà des discours. Dans plusieurs quartiers de la commune, les couleurs nationales commencent déjà à s’imposer dans le paysage. Sur certaines façades de maquis et d’espaces de loisirs, des drapeaux ivoiriens flottent au-dessus des enseignes, annonçant l’approche du 7 août.
Sous les regards des passants, les employés s’activent à embellir les lieux tandis que les livraisons se succèdent
Dans le quartier, un établissement a refait sa peinture pour l’occasion. Sous les regards des passants, les employés s’activent à embellir les lieux tandis que les livraisons se succèdent. Quelques mètres plus loin, des riverains s’arrêtent pour admirer les décorations qui apparaissent progressivement dans le quartier.
Plus loin, sur les grands axes, l’ambiance reste calme, avec les véhicules circulant, mais l’événement est déjà dans tous les esprits. Des immeubles bordant les artères principales arborent eux aussi les couleurs nationales. Les conversations tournent autour de la célébration à venir et des changements observés ces dernières semaines.
Quand l’Indépendance fait tourner le commerce
Cette effervescence gagne également les espaces de détente et de restauration. Dans certains maquis, les responsables procèdent aux derniers aménagements. Tables réinstallées, cours nettoyées et espaces réorganisés : tout est mis en œuvre pour accueillir les visiteurs attendus durant les festivités. Pour de nombreux commerçants, cette préparation dépasse le simple cadre patriotique. Derrière les drapeaux et les décorations se dessinent aussi des perspectives économiques. L’affluence annoncée nourrit l’espoir d’une hausse de la clientèle dans les jours précédant et suivant la célébration nationale.
À Bel Air, le maquis « Chez Français » ne passe pas inaperçu. Fidèle à son identité, l’établissement arbore les couleurs bleu, blanc et rouge ainsi qu’un coq trônant sur son enseigne. Mais à l’approche du 7 août, plusieurs drapeaux ivoiriens flottent désormais au-dessus du bâtiment, signe que la fête nationale s’est invitée jusque dans les lieux de convivialité de la commune.

Derrière son comptoir, le gérant observe avec satisfaction l’animation qui gagne progressivement le quartier. « Depuis qu’on a annoncé que l’Indépendance allait se faire ici, pratiquement Yopougon ne dort plus. Nous-mêmes, nous veillons jusqu’au matin », affirme-t-il. Pour lui, cette effervescence représente avant tout une opportunité pour les acteurs du secteur de la restauration et des loisirs. « Ça nous permet de rentabiliser un peu. Il y a déjà du mouvement et on s’attend à voir encore plus de monde le jour de l’Indépendance. »
Face à cette affluence attendue, le responsable a pris les devants. Plusieurs commandes de boissons ont déjà été passées afin d’éviter toute rupture de stock pendant les festivités. À la question de savoir s’il renforce ses stocks pour l’occasion, sa réponse fuse dans un sourire : « Mais oui ! Tu vas prendre petit. On gère cette semaine et puis la semaine prochaine, on frappe dedans ! »
À quelques rues de là, la chaleur des braises se mêle à l’agitation habituelle de Yopougon. Dans un restaurant à ciel ouvert du quartier, plusieurs femmes commercialisent des poissons braisés alignés sur les grilles et qui cuisent lentement sous une épaisse fumée qui envahit les alentours. À côté, d’autres découpent des oignons, préparent les accompagnements ou s’occupent des commandes des clients installés à leurs tables. L’odeur du poisson braisé flotte dans l’air tandis que les allées et venues se multiplient autour des clients. Si l’affluence reste modérée pour l’instant, les vendeuses constatent déjà une activité plus soutenue qu’à l’accoutumée.
Pour ces travailleuses, l’arrivée des festivités représente une occasion de réaliser de meilleures recettes
« Il y a un peu plus de mouvement ces derniers jours », glisse l’une d’elles tout en retournant un poisson sur le feu. Pour ces travailleuses, l’arrivée des festivités représente une occasion de réaliser de meilleures recettes. Elles espèrent que les milliers de visiteurs attendus dans la commune se traduiront par une hausse de la clientèle dans les maquis, restaurants et espaces de loisirs. À travers ces préparatifs, c’est toute une économie de proximité qui se met progressivement en marche. Des vendeuses de poisson aux fournisseurs de boissons, en passant par les transporteurs et les petits commerçants, nombreux sont ceux qui comptent sur l’événement pour accroître leurs revenus.

Ficgayo, le grand chantier de l’Indépendance
À l’espace Ficgayo, les préparatifs du grand défilé ont pris une allure de chantier géant. Derrière l’effervescence visible, une organisation minutieuse est à l’œuvre. Les tâches ont été réparties entre plusieurs entreprises afin de respecter les délais fixés pour le 7 août.
Sur une partie du site, les équipes de PFO Africa (Porteo BTP) s’activent sur les travaux de voirie. Aux côtés du BNETD, elles procèdent à l’aménagement d’un vaste espace de stationnement destiné à accueillir les nombreux véhicules attendus lors des festivités. À quelques mètres de là, les structures métalliques de sept chapiteaux prennent progressivement forme. Des ouvriers de l’entreprise Alligator se chargent, sous la chaleur, de monter les imposantes tentes qui serviront à recevoir les invités.
Les travaux de décoration ne sont pas en reste. Banderoles, habillages et ornements aux couleurs nationales sont progressivement déployés par les équipes…
À proximité, les équipes d’Indigo installent des échafaudages et aménagent les espaces réservés aux places assises. Dans un autre secteur, les agents de Gaou Productions travaillent à la mise en place des tribunes. Marteaux en main, ils ajustent les structures qui accueilleront les spectateurs venus assister au défilé. Les sièges sont aux couleurs nationales : orange, blanc et vert. Non loin de là, Event’s Ressources prépare l’installation des écrans géants destinés à permettre au public de suivre le déroulement de la cérémonie.

Les travaux de décoration ne sont pas en reste. Banderoles, habillages et ornements aux couleurs nationales sont progressivement déployés par les équipes de Leako Event, chargées d’embellir le site. Casque de sécurité sur la tête, un employé rencontré sur les lieux assure que le chantier avance conformément au calendrier. « Chacun connaît sa mission. Nous travaillons ensemble pour que tout soit prêt avant le jour de la cérémonie. Il reste quelques ajustements, mais nous sommes dans les délais », explique-t-il, avant de reprendre ses activités.
Pour garantir le bon déroulement des opérations, les forces de l’ordre veillent également au respect des consignes de sécurité. Des policiers sont déployés aux différents accès du site afin d’empêcher toute intrusion dans les zones réservées aux travaux. Un couloir de circulation a été aménagé pour permettre aux populations de poursuivre leurs déplacements sans perturber les équipes mobilisées.

À chaque entrée, les agents orientent les passants et rappellent les restrictions en vigueur.,« Les gens sont curieux de voir ce qui se prépare, mais nous devons sécuriser les lieux. Un passage a été prévu pour les riverains afin que chacun puisse circuler sans danger », indique un policier en poste sur le site. À quelques jours du rendez-vous national, l’impression qui domine est celle d’une mobilisation générale. Entre les engins de chantier, les ouvriers à l’œuvre et les dispositifs de sécurité déjà visibles, tout semble progressivement se mettre en place pour faire de Yopougon la vitrine de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.
Isaac Mendy (Stagiaire)











































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»