Pour sa 3è édition, l’Ong Stop stroke AVC a décidé de s’installer dans la ville d’Adzopé, à 79 km d’Abidjan pour dépister et sensibiliser les populations sur cette maladie à risque qu’est l’AVC. A l’esplanade de l’hôtel communal de la ville, samedi 30 mai 2026, les populations, très tôt étaient venues pour se faire dépister, en présence d’une équipe médicale et des membres de cette Ong.
Ce matin, autour de 7h30, ils sont là, attendant l’arrivée de l’Ong Stop Strocke du fondateur Patrice Koffi. Sur une trentaine de personnes au départ, la plupart du 3è âge, constatent, dans le silence, l’installation des bâches, chaises et sonorisation. Pendant au moins 30 mn, les organisateurs mettent les bouffées doubles pour finir cette mise en place et démarré l’activité en lien avec l’Accident vasculaire cérébral (AVC). Vers 11h, ils sont autour de 200 personnes.
Assis sous les bâches, les regards fixés sur le corps médical, ils se disent que c’est l’heure. Avec des gestes parfois crispés, mais attendent leur tour. Enfin, un se lève, et le suivant. Ils remplissent le formulaire d’enregistrement. Puis suivent les autres étapes du processus.

Objectif principal de cette Ong Stop Stroke AVC est de participer à la lutte contre les Accidents vasculaires cérébraux et sensibiliser les populations sur les risques de l’AVC. Pendant les étapes, ils sont interrogés sur la nature de leur maladie, des examens de glycémie réalisés, le tour de la taille, le poids…
Depuis combien de temps vivent-ils ? Et les probables risques encourus si cela n’est pas traité maintenant ? Toutes ces questions fondamentales ont été passées au peigne fin aux personnes du 3è âge. Une fois arrivée chez les médecins, des conseils leur sont donnés et une ordonnance médicale.
Les malades…certains informés
Adoubi Allé est un retraité de l’Agriculture. A 76 ans, il est diabétique depuis quelques années. En venant à cette séance de dépistage, il est soulagé après son passage aux différentes étapes du processus mis en place par l’Ong Stop Stroke.
Une fois chez le médecin, selon lui, il doit respecter les rendez-vous qui lui sont prescrits par le corps médical. « Le 11 juin prochain, j’ai un autre RDV à l’hôpital. Le médecin a dit de respecter les comprimés et autres pour la vie. Ma vie est désormais liée à ces cachets et autres que je prends », dit-il. Pour lui, une telle activité organisée à l’endroit des personnes du 3è âge est la bienvenue ici, à Adzopé.
Yapi Yapo, quant à lui, est désespéré après son passage. A 70 ans, étant à la retraite, il peine à couvrir ses besoins existentiels. « Quand j’ai entendu à la radio, je fus très pressé de venir participer à cette séance de dépistage sur l’Avc. J’ai suivi toutes les étapes. N’eut été cette séance organisée par l’Ong Stop Stroke, j’ai failli me faire surprendre par cette maladie silencieuse. Ma tension est montée jusqu’ à 21 mmHg, et l’autre bras est 18,5mmHg », explique Yapi Yapo, qui remercie l’Ong d’être venue à Adzopé.

Alors que quand il se promène, selon lui, « je ne sens aucun vertige, pourtant, ça peut me surprendre à tout moment ». Après ces échanges, Yapi Yapo a promis respecter les consignes données pour éviter que sa vie ne bascule du jour au lendemain.
Avec son âge de sagesse, d’une forme filiforme, Achiepo Amon marche malgré son âge de 80 ans. Elle ne dandine pas. Elle tient sur ses deux pieds accompagné de son fils aîné. Selon elle, après avoir suivi toutes les étapes, et à l’en croire « ma tension est montée ». D’après les conseils du médecin, Achiepo Amon doit éviter de consommer trop le sel au cours du repas.

Kassin Abbé, ex retraité de l’Hôtel Ivoire d’Abidjan, est aussi un des dépistés. D’un air ambiant, il nous explique que sa tension n’est pas aussi alarmante. Il fait 140/90 mmHg et aussi il n’est pas diabétique. Après ces échanges, il a bu un peu d’eau pour se désaltérer. « C’est une bonne initiative de venir à cette séance de dépistage, et pourquoi pas de conseiller des amis sur les risques de cette maladie, qui aujourd’hui, décime des milliers de personnes en Côte d’Ivoire », raconte-t-il.
L’Ong satisfaite, mais la lutte se poursuit
L’Ong Stop Stroke AVC est basée aux Etats-unis et créée depuis 2022. Elle a initié plusieurs activités en Côte d’Ivoire sur le dépistage et la sensibilisation sur les AVC. Prof Mathias Kouassi, président local de l’Ong Stop Stroke AVC Côte d’Ivoire, a déclaré que la ville d’Adzopé a été choisie afin de dérouler leur plan d’actions.
Définissant les objectifs de cette Ong, il dira, entre autres, pour lutter contre les accidents vasculaires cérébraux, qui est un défi sanitaire important à cause de ses conséquences sur la population, sur l’économie et le volet social.

« Elle a été créée pour sensibiliser les populations, les communautés sur les facteurs de risques parce que cette pathologie, qui est l’hypertension artérielle, diabète, obésité, sédentarité, tabagisme. Alors si on sensibilise utilement nos populations sur ces facteurs de risques, elles adoptent des comportements de sécurité, exemplaires, alors qu’on peut utilement lutter contre les AVC », affirme Prof Kouassi, président local de l’Ong Stop Stroke AVC.
Parlant du choix de la ville d’Adzopé, selon le président fondateur Patrice Koffi, la ville d’Abidjan a abrité durant deux ans, les communes de Port-Bouet et Yopougon, où des milliers de personnes y étaient là pour ces séances.
« Nous voulons, aujourd’hui, décentraliser ce que nous faisons. Parce que notre objectif est d’aller vers la population. Un de nos collègues nous a dit que les cas de personnes vivant avec les AVC sont légion à Adzopé. Pour lui, qu’on considère la ville d’Adzopé pour un dépistage et une sensibilisation », explique Patrice Koffi, président fondateur de l’Ong.

Abordant l’aspect perspective, le président fondateur a déclaré qu’il veut aller « à court terme », c’est-à-dire faire des dépistages et sensibilisation, mais ce sont des choses dont nous voulons aller au-delà. « En Côte d’Ivoire, le vrai problème est la prise en charge. C’est cette étape qui doit changer la physionomie de ce que nous faisons. Nous sommes en train de voir comment arriver à la prise en charge, qui réellement va impacter la vie de l’Ivoirien », a-t-il déroulé.
Pour le bilan, Patrice Koffi estime qu’il est « très positif » depuis sa création en 2022. Au ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, selon lui, il reconnait nos actions. Patrice Koffi est un infirmier spécialisé en AVC aux Etats-unis depuis 23 ans.
Magloire Madjessou, Envoyé spécial










































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»