Accueil A la une (Analyse) Transition énergétique en Côte d’Ivoire : Un chemin semé de difficultés

(Analyse) Transition énergétique en Côte d’Ivoire : Un chemin semé de difficultés

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Les énergies renouvelables proviennent des sources naturelles/Ph DR

Ayant longtemps basée sa politique énergétique sur les combustibles fossiles (gaz, pétrole, charbon) et sur le développement de l’hydroélectricité produit par les barrages de Kossou, Ayamé I et II, Taabo, Buyo et Soubré, la Côte d’Ivoire, à partir de l’année 2000 va tenter d’intégrer les énergies renouvelables dans sa politique énergétique, surtout pour faire face aux changements climatiques. Mais cette transition énergétique ne peut se faire comme une lettre à la poste.  

les barrages de Kossou, Ayamé I et II, Taabo, Buyo et Soubré, la Côte d’Ivoire, à partir de l’année 2000 va tenter d’intégrer les énergies renouvelables

Selon le Global Green Growth Institute, c’est à partir des années 2000 que le pays a commencé à afficher une volonté claire d’intégrer les énergies renouvelables dans sa politique énergétique, notamment avec l’intégration de ces technologies au sein du ministère de l’Énergie d’alors.

Mais avant cette date, en 1994, afin de contribuer aux efforts internationaux de protection du climat, le pays a ratifié la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). En 1996, face aux réalités climatiques de plus en plus menaçantes, le pays élabore un code de l’environnement, qui encourage la prise en compte des nouvelles technologies respectueuses de l’environnement.

En 2020, soit quatre ans après, le pays va tenter de traduire ses mesures en réalité en exploitant de nouvelles sources d’énergies autre que l’hydraulique, à savoir le solaire, la biomasse et l’éolienne. Pour valoriser les énergies renouvelables, mais surtout pour respecter ses engagements pris en octobre 2016, lors de l’Accord de Paris de réduire ses gaz à effet de Serra de 30%.  

Les difficultés liées aux coûts

En 2000, en Côte d’Ivoire, des ménages ou certaines entreprises avaient déjà commencé à utiliser l’énergie solaire pour alimenter leur maison. Ils obtenaient les panneaux solaires auprès des commerçants qui les exportaient des pays voisins ou d’autres pays.

le coût de ces matériaux était élevé en raison de la taxation jugée trop chère par les acteurs du milieu

La difficulté, c’est qu’au niveau de la Côte d’Ivoire, le coût de ces matériaux était élevé en raison de la taxation jugée trop chère par les acteurs du milieu. Conséquence : ce type d’énergie n’était pas donc à la portée de tous quand même de nombreuses personnes voudraient s’en approprier.

Aussi, les énergies solaire et éolienne dépendent des conditions météorologiques. Ce qui peut rendre la production d’électricité variable et nécessiter des solutions de stockage ou de complémentarité avec d’autres sources. C’est certainement ce qui explique que la Côte d’Ivoire ait choisie d’installer ses centrales solaires au nord du pays où le climat est chaud.

La première centrale solaire photovoltaïque a été installée en 2024, à Odienné, une ville du nord. La prochaine centrale solaire sera réalisée en 2026 à M’Bengué dans la région du Poro, selon un accord signé le 5 août 2025 entre l’administration de Tongon Solaire et l’Etat de Côte d’Ivoire.

le financement est parfois un frein au développement de ce secteur

Notoirement, la réalisation de tels projets nécessite des investissements. La construction de la future centrale solaire de M’Bengué nécessitera un investissement de 33 milliards de F Cfa, tandis que celui d’Odienné s‘élève à plus de 45 milliards de F Cfa. Donc, le financement est parfois un frein au développement de ce secteur.

Ajouté à cela, le manque de main-d’œuvre qualifiée pour l’entretien des infrastructures, le cadre juridique et une planification globale et cohérente intégrant les différents sous-secteurs de l’énergie.

La Côte d’Ivoire a amorcé sa marche vers les énergies renouvelables, même si elle a fait quelques progrès. Cette transition énergétique butte encore sur des problèmes financiers, climatiques, que le pays bon an, mal an, tente de résoudre en vue de réduire ses gaz à effet de Serre conformément à ses engagements pris à la COP de Paris.  

 Ahoussi Aka

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