Epiphane Zoro Ballo, ministre de la Promotion de bonne gouvernance et de la Lutte contre la corruption, a organisé, mardi 28 février 2023, la rentrée solennelle de son département, au siège du Patronat ivoirien, à Abidjan Plateau. Au cours de cette cérémonie, il a parlé des cas de signalements (dénonciations) en Côte d’Ivoire et des actes de corruption, qui tuent l’économie ivoirienne et font perdre des milliards de francs Cfa par an.
« La corruption tue l’économie, ralentit les progrès, crée une inégalité avec la population ». Ce sont les mots du ministre Epiphane Ballo, lors de la rentrée solennelle de son département, en présence de la presse. Il a indiqué, en outre, pour que la Côte d’Ivoire soit attractive, il faudrait que nous fassions de la lutte contre la corruption notre cheval de bataille.
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Parlant des chiffres sur la corruption en Côte d’Ivoire, et en prenant les différents secteurs de la vie. Pour la défense, la sécurité intérieure, on y trouve 132 cas de dénonciations ; 50 en éducation formation ; 27 en santé et hygiène publique ; en économie, finance et budget, il y a 9 cas de signalements ; en administration fiscale, on en trouve 13 ; dans les médias et communication 17 ; la fonction publique 25 etc. Selon la plateforme Spacia (www.spacia.gouv.ci), de janvier à fin décembre 2022, il y a eu au total 519 dénonciations dans tous les pays.
La ville d’Abidjan, enregistre, a elle, seule, 380 dénonciations. Après Abidjan vient les districts de Sassandra-Marahoué, avec 27 dénonciations et la Comoé avec 17 dénonciations. « Le potentiel préjudice financier occasionné par les actes de corruption et les infractions assimilées dénoncés est de 176 764 899 037 Fcfa de janvier à décembre 2022 », a révélé le ministre Epiphane Ballo.
« (…) les actes de corruption et les infractions assimilées dénoncés est de 176 764 899 037 Fcfa de janvier à décembre 2022 »
A propos des opérations de vérification appelée « Opération coup de poings. Il y a eu 81 missions de vérifications des signalements reçus ont été effectués et 19 personnes ont été mises en cause. Pour le ministère « dans le cadre du traitement de ces signalements, après vérification, 16 cas ont été référés aux ministères concernés dans des proportions suivantes pour information, vérification et prises de mesure correctives et/ou sanctions administratives ».
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Il a fait noter que la Côte d’Ivoire, qui était à la 105è place, est aujourd’hui, à la 99è place, sur 180 pays (selon l’Ong Transparency international). Selon le ministre, « il y a eu du progrès ». Car, à l’en croire, il y a quelques années, le gouvernement ne parlait pas de corruption. Mais plutôt la société civile, la population et l’opposition. Aujourd’hui, il en fait son crédo, au point de mettre en place un ministère dédié à la lutte contre la corruption.
Parlant des soupçons de corruption qui ont cours dans des structures étatiques Artci et le Fer. Le ministre a dit s’être saisi pour les allégations portées sur celles-ci. Toutefois, il a rassuré les hommes de médias qu’il suit avec attention cette affaire de soupçons.
Manuella Yaitan Yarodi, cheffe de Cabinet au dit ministère, a fait le bilan de l’activité 2021-2022. Elle a parlé de l’élaboration du décret d’obligation de mise en place de dispositifs de conformité anti-corruption dans les entités publiques et privées; l’élaboration de la politique de protection de lanceurs d’alerte. Aussi, a-t-elle abordé le renforcement de la communication et de la sensibilisation sur la bonne gouvernance et les méfaits de la corruption.
Après cette communication, une soixantaine de journalistes ayant participé à la formation sur le journalisme d’investigation ont reçu leurs parchemins et lettre d’engagement. Aussitôt, il a été mis en place le jury pour le prix du journaliste d’investigation composés de Samba Koné, Agnès Kraidi, Habiba Dembelé Sahouet etc.
Magloire Madjessou











































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»