Accueil A la une Côte d’Ivoire, Affaire Bedié raciste et xénophobe, le Pdci-Rda démonte les arguments...

Côte d’Ivoire, Affaire Bedié raciste et xénophobe, le Pdci-Rda démonte les arguments du gouvernement avec des preuves

PARTAGER
Jean Louis Billon a animé une conférence de presse pour dénoncant le contexte tendancieux des propos de Bedié/Ph DR

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) a animé une conférence de presse, lundi 10 juin 2019, à son siège à Cocody Abidjan. Une conférence prononcée par le Secrétaire exécutif chargé de l’information, de la communication et de la propagande, Jean Louis Billon, qui répondait à la déclaration du gouvernement jugeant les propos du président du parti septuagénaire de racistes et xénophobes.

Le samedi 8 juin, le gouvernement ivoirien a produit une déclaration suite aux propos tenus par le président Henri Konan Bédié, mettant en péril l’unité nationale et la cohésion sociale, et qui recevait à cette occasion une délégation de militants du Pdci de Koumassi.

Face à cette déclaration du gouvernement, Jean Louis Billon, Secrétaire exécutif en charge de l’information, de la communication et de la propagande du Pdci-Rda, a réagi vigoureusement, en donnant la position réelle de son parti. « Le président Henri Konan Bedié n’a fait que porter à l’attention de l’opinion nationale et internationale des faits troublants et récurrents, vécus par les populations ivoiriennes et qui suscitent de véritables inquiétudes », a déclaré de prime abord Jean Louis Billon.

A lire: Côte d’Ivoire, le gouvernement met en garde Bedié contre ses propos xénophobes et racistes

Pour l’ex ministre du Commerce sous Ouattara, porter ces faits récurrents à la connaissance des Ivoiriens ne saurait être qualifiés de xénophobie encore moins de racisme. « Est-ce donc un délit que d’alerter l’opinion sur les dangers qui guettent la survie de la Côte d’Ivoire que l’on veut absolument transformer en un no man’s land ? Est-ce être xénophobe que de réveiller les autorités ivoiriennes qui semblent se prélasser dans un faux sommeil complice de cette situation qui menace la sécurité nationale? Est-ce du racisme, de la xénophobie, du tribalisme, de la discrimination raciale ou religieuse ou de la haine de l’étranger que de dénoncer la réalité de la fraude sur l’identité ivoirienne ?», continue de s’interroger le conférencier.

Les causes profondes des crises

Le parti fondé par le président Félix Houphouët-Boigny estime que la Côte d’Ivoire vit constamment le spectre des crises  intercommunautaires, le problème de l’orpaillage clandestin et la fraude sur la nationalité.  Il a donc rappelé quelques conflits entre communautés ayant entraîné des morts, des déplacés et d’importants dégâts matériels dans les villages et villes du pays.

A lire: Côte d’Ivoire, conflits intercommunautaires à Béoumi, un imam accuse Ouattara et Bédié

Notamment à Bouna en avril 2016, Guiglo (2017), Kanakono (le 24 décembre 2017), Zouan Hounien en (novembre 2018), Bangolo (le 24 Juin 2018),  Facobly (en juillet 2018), Issia (en octobre 2018 avec la sortie punitive des Dozos contre les populations autochtones), Duekoué (en novembre 2018), Bin Houin (en avril 2019), Marabadiassa (en février 2019), Béoumi et Abengourou (en mai 2019).

Abordant le problème de l’orpaillage clandestin dont l’activité est fortement entre les mains des non nationaux, le Pdci Rda  soutient que cela ne peut être qualifié également de racisme ou de xénophobie. « Ces sites d’orpaillage clandestin utilisent de nombreux enfants et sont sources d’insécurité et de conflits répétés », a-t-il indiqué, avant de poursuivre en ces termes «l’orpaillage clandestin se développe de plus en plus dans de nombreuses régions de la Côte d’Ivoire, a-t-il expliqué. Certaines populations ivoiriennes essaient difficilement d’empêcher ces orpailleurs, bien particuliers, de s’installer, mais sans grand soutien des autorités administratives. Ainsi, l’on assiste régulièrement à des affrontements meurtriers ». 

A lire: Côte d’Ivoire, la situation toujours tendue à Béoumi

Concernant la fraude sur la nationalité ivoirienne, l’ex ministre du Commerce a souligné que 280.000 imprimés d’attestation d’identité de l’Office national d’identification (Oni) contrefaits avaient été interceptés à la frontière Noé-Côte d’Ivoire par la douane ivoirienne, le 25 mai 2019. Dans le même registre, citant le ministre Koné Bruno, qui selon lui avait reconnu que, lors du retour en Lybie de 150  candidats ivoiriens à l’immigration, des Anglophones avaient acquis frauduleusement des papiers ivoiriens.

En plus des faits gravissimes exposés par le Pdci, à travers une vidéo projecteur, il a dépeint la difficile situation que vit, hélas, au quotidien les communautés autochtones exposées au phénomène d’orpaillage clandestin. Pour le vieux parti politique, une fois encore, « il s’indigne du mauvais procès fait au président Bedié ».  

Enfin, Jean Louis Billon invite expressément le gouvernement à apporter de vraies réponses aux problèmes des Ivoiriens et ne pas les détourer des vrais sujets. La présidentielle qui a lieu dans 17 mois, l’orateur, dont le parti se voit déjà vainqueur, estime que « la peur de la défaite commence à les (Rhdp, Ndlr) ébranler».

 Magloire Madjessou

PARTAGER