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Côte d’Ivoire, Bernard Dadié, Grand Prix littéraire d’Afrique noire, décédé

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Le célèbre écrivain et homme politique, Dadié est décédé ce samedi/Ph DR

Auteur prolifique, ses écrits célèbres lui ont valu, d’ailleurs, d’obtenir le Grand prix littéraire d’Afrique noire, en 1965. Homme politique, Bernard Binlin Abou Koffi Dadié, 103 ans, a tiré sa révérence.

Pionnier de la littérature ivoirienne et africaine depuis les indépendances, Bernard Binlin Dadié Koffi, est décédé, ce samedi  9 mars 2019, apprend-on de sources proches de la famille. Ce célèbre écrivain de 103 était malade depuis quelques années. Bernard Dadié était un écrivain hors pair, aux multiples talents : romancier, poète, dramaturge, essayiste, journaliste a marqué les générations ivoiriennes et africaines avec ses œuvres à succès étudiées dans les établissements et universités de Côte d’Ivoire.

On se souvient des œuvres que les écoliers et étudiants délectaient avec plaisir. Il s’agit, entre autres, Climbié (1956), le Pagne noir (1955) ; Un nègre à Paris (1959) ; Béatrice du Congo (1971) ; les Voix dans le vent (1970) ; Monsieur Thogô Gnini (1971), etc. Auteur prolifique avec une belle écriture captivante et dénonçant les tares de la société africaine, ce qui lui valut, en 1965,  le Grand Prix littéraire d’Afrique noire, avec son œuvre Patron de new York.

 Son engagement sans faille en politique

Au plan politique, l’écrivain Bernard Dadié va occuper des responsabilités sous le gouvernement du président Félix Houphouët-Boigny. En 1960, il devint le chef de cabinet du ministère de l’Education nationale. Dans le même temps, il est nommé directeur des affaires culturelles, et Inspecteur général des arts et des lettres. Son dévouement dans l’administration publique, va donc amener le président à le nommer, de 1977 à 1986, ministre de la Culture et de l’Information.

En Côte d’Ivoire, il s’était investi dans la politique, en dépit de son âge, au côté du Front populaire ivoirien (Fpi). En juin 2016, par le biais d’une pétition, il recueille 26 millions de signatures pour la libération de Laurent Gbagbo. A l’Arrivée au pouvoir du président Alassane Ouattara, en mai 2011, cet intellectuel va s’opposer vigoureusement, en octobre 2016, à la nouvelle Constitution de la 3è République.

D’où, son invitation pressante aux Ivoiriens de « prendre leur destin entre leurs mains ». Enfin, en avril 2015, dans une lettre ouverte, l’écrivain met en garde le Chef de l’Etat en ces termes « que Ouattara se souvienne que le peuple de Côte d’Ivoire semble être son prisonnier, mais lui est prisonnier de ses propres turpitudes et avec lui ses parrains. Et que le peuple se lèvera pour briser ses chaînes, ce qui ne saurait tarder. »

Magloire Madjessou

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