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Côte d’Ivoire, les raisons de la délocalisation de la marche de la paix de l’Eglise catholique

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Père Augustin Obrou : "l'Eglise catholique ne saurait être la caisse de resonnance d'un groupe ou association que ce soit"

Finalement, la marche priante pour la paix autorisée par l’Archevêque d’Abidjan, Jean Pierre Cardinal Kutwà, le 15 février prochain, se tiendra au sein de la Cathédrale Saint Paul d’Abidjan Plateau. L’information a été donnée, ce dimanche 26 janvier 2020, par le père Augustin Obrou, au Centre culturel de la cathédrale au Plateau.

« Malheureusement, la mise en œuvre de ce projet souffre d’interprétations ambivalentes, contradictoires et ambigües. Cela risque, si l’on n’y prend garde, de dénaturer, l’intention et l’objectif strictement spirituels de cette initiative louable. Faut-il le rappeler, au sein de l’Eglise catholique, ces marches priantes publiques, ces chemins de croix, ces prières rogatoires sont des pratiques courantes qui sont des suppliques adressées à Dieu en faveur de tout le peuple en des moments difficiles », a expliqué père Augustin Obrou, Chargé de Communication et des relations extérieures à l’archevêché d’Abidjan.

 

  • Faut-il le rappeler, au sein de l’Eglise catholique, ces marches priantes publiques, ces chemins de croix, ces prières rogatoires sont des pratiques courantes qui sont des suppliques adressées à Dieu en faveur de tout le peuple en des moments difficiles.

Ainsi, conscient de la primauté de Dieu et de la nécessité de la paix par la réconciliation, le Cardinal Kutwà a décidé que la prière rogatoire (marche pour la paix) se tienne désormais au sein de la Cathédrale, le samedi 15 février 2020, de 7h à 13h30.

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Indiquant que le projet d’une marche pour la paix fait partir du programme d’activités pastorales de l’Aumônerie de la pastorale des jeunes du diocèse d’Abidjan, depuis octobre 2019. Ces jeunes catholiques soucieux de la situation socio-politique de la Côte d’Ivoire, veulent, selon le conférencier, «  prôner la paix, à unir les jeunes et à s’engager à être les messagers et les artisans de paix ».

 

Ainsi, depuis l’annonce de cette marche des fidèles catholiques, des partis politiques notamment, le Pdci-Rda et, depuis vendredi 25, le Front populaire ivoirien (Fpi) de Pascal Affi N’Guessan ont invité leurs militants à la marche de la paix. Une marche qualifiée par certains comme celle prêtant le flan à l’opposition ou mieux encore de ne pas reconnaitre les efforts de paix déployés par le gouvernement ivoirien. « L’Eglise ne saurait être la caisse de résonnance de quelque association ou groupe que ce soit », a tranché l’abbé Obrou.

Pour le père Obrou, l’Eglise veut demeurer vigilante, en aidant la Côte d’Ivoire et particulièrement, les jeunes à œuvrer pour la non-violence et la paix.

Pression sur l’Eglise ?

L’organisation de la marche de la paix devant réunir 20 000 jeunes et femmes catholiques, le diocèse d’Abidjan avait  adressé un courrier au ministère de l’Intérieur. Parlant d’une quelconque pression que subirait le diocèse d’Abidjan à délocaliser la prière pour la paix au sein de la cathédrale.

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«On a pas eu de pression », clame-t-il. « Nous sommes conscients qu’il y a des choses qui se passent et savons qu’il va avoir une mobilisation de personnes. Nous ne voulons pas jeter les gens à la pâture devant des personnes qui semble être inconscientes. Nous sommes des gens qui prenons le pool de la situation. On ne veut même pas qu’il y ait un sang versé », a affirmé l’abbé. Il a aussi fait savoir que le pasteur ne souhaite même pas que le sang d’un de ses fidèles soit versé par des gens incontrôlés.

Pour la participation des militants et leaders politiques à cette prière rogatoire, l’abbé Augustin Obrou n’y voit aucun inconvénient. Toutefois, insiste-t-il, ils ne prendront pas la parole à cette prière.

 

Le 17 janvier, par un courrier adressé aux curés des paroisses et fidèles, Jean Pierre Cardinal, Archevêque d’Abidjan, invitait environ 20 000 jeunes de l’Aumônerie de la Pastorale des jeunes et l’Association des femmes de l’Eglise catholique (Afec) à une marche pour la paix qui débutera de la Place de la République Plateau pour s’achever à la Cathédrale Saint Paul du Plateau, par la célébration eucharistique.

Magloire Madjessou

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