Accueil A la une Secteur minier : Les femmes veulent un mieux-être avec des mécanismes juridiques

Secteur minier : Les femmes veulent un mieux-être avec des mécanismes juridiques

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Me Edwige Yapi (Ofaci) et Marina Seï ont échangé sur la situation des femmes dans les mines/Ph Credo

En Côte d’Ivoire, avec le boom du secteur minier, qui est une importante source de production économique, les femmes y travaillent mais subissent des injustices criardes. Au cours d’un atelier organisé par l’Ong Organisation pour la prévention, l’environnement, la santé, l’éducation et l’agriculture- Vie (OPESEA-Vie), mardi 21 juillet 2026, au Cerap Cocody Abidjan, cette organisation a dénoncé les problèmes qu’elles subissent dans ce secteur, depuis des années.

« Intégrer le genre dans la réforme minière n’est pas une faveur que nous demandons. C’est une exigence constitutionnelle, un engagement international de notre État, et une garantie de performance économique et de paix sociale durable pour la Côte d’Ivoire ». Tels sont les mots Lydie Siamy Kouahilou, Secrétaire générale de OPESEA-Vie, à l’ouverture de cet atelier, en présence de ses partenaires. Selon elle, plus de 10 ans après l’adoption du Code minier de 2014, le gouvernement a engagé une révision de la loi pour l’adapter aux réalités contemporaines et aux enjeux mondiaux des minéraux critiques.

Pour Lydie Siamy, le texte ne comporte aucune disposition explicite sur l’équité de genre. Faisant l’état de la situation des femmes dans le secteur minier en Côte d’Ivoire, des problèmes ont été relevés, entre autres, la spoliation foncière indirecte à cause des barrières coutumières ; la précarisation économique, car les marchés de la sous-traitance leur échappent ; des risques lourds pour leur santé reproductive à cause des pollutions chimiques ; le harcèlement sexuel et violences basées sur le genre sur les sites sans protection légale claire.

Equité du genre

Dix ans après l’adoption du Code minier de 2014, la Côte d’Ivoire s’est engagée dans une révision de ce cadre légal. Si le projet actuel introduit des avancées techniques notables, la société civile s’inquiète de l’absence totale de dispositions explicites sur l’équité de genre. Selon l’Ong Opsea Vie, les femmes représentent moins de 10 % des effectifs de la mine industrielle en Côte d’Ivoire alors qu’elles constituent entre 30 % et 50 % de la main-d’œuvre minière artisanale contrairement à ses voisins tels que le Ghana, la Tanzanie et le Malawi.

Ainsi, le consortium de la société civile, appuyé par des experts juristes et des réseaux d’organisations de défense des Droits des femmes (ODDF), a élaboré un mémorandum de plaidoyer formulant des propositions d’amendements législatifs clairs et opposables. Il s’agit notamment d’instaurer un quota obligatoire d’au moins 30 % de femmes au sein du personnel des entreprises extractives et dans les instances décisionnelles clés à savoir la Commission interministérielle des mines (CIM) et les Comités de développement local minier (CDLM).  

L’affectation minimale de 15 % du volume de sous-traitance (locale) et une réservation de 30 % des bourses d’ingénierie minière aux jeunes filles. Une obligation de paiement direct et autonome à 100 % des compensations financières aux femmes cultivatrices et exploitantes réelles des parcelles, indépendamment du statut de propriété coutumier et une analyse genre obligatoire dans les études d’impact, fourniture d’EPI adaptés à la morphologie féminine et congé de maternité minimal de 6 mois.

OPESEA-Vie et ses organisations partenaires interpellent le gouvernement, les députés et sénateurs ivoiriens à véritablement débattre sur ces sujets, afin que leurs préoccupations soient prises en compte dans ce secteur minier.

Magloire Madjessou 

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