Le professeur Alphonse Djédjé Mady, vice-président du PDCI-RDA et ancien Secrétaire général de cette formation, s’est éteint, dimanche 23 août 2026, à Abidjan, à l’âge de 81 ans, des suites d’une longue maladie évoquée comme un paludisme. Sa disparition prive la Côte d’Ivoire d’une figure ayant marqué de son empreinte tant la sphère médicale que la vie politique nationale durant plus de quatre décennies.
Le professeur Alphonse Djédjé Mady n’est plus. Il est décédé ce dimanche, à Abidjan. Ancien compagnon des présidents Félix Houphouët-Boigny et de Henri Konan Bédié. Sa disparation laisse un grand vide au sein de sa formation politique, qu’est le Pdci-Rda, dont il a occupé pendant des décennies des hautes fonctions.
Son entrée en politique s’opère très tôt, puisqu’il préside dans un premier temps le Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (MEECI). Cette expérience associative attire l’attention du père fondateur Félix Houphouët-Boigny, qui le nomme en 1981 ministre de la Santé, un portefeuille qu’il conservera jusqu’en 1989. Cette longue expérience gouvernementale lui confère une légitimité durable dans le domaine de la santé publique et pose les fondations de sa notoriété nationale.
il dirigera le Directoire du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) de 2005 à 2013
Au sein du PDCI-RDA, plus vieux parti de Côte d’Ivoire, son ascension se poursuit méthodiquement : membre du Comité exécutif et du Comité central dans les années 1980, puis du Bureau politique, il devient secrétaire général adjoint chargé de la formation entre 1995 et 2002. En 2002, il accède enfin au secrétariat général du parti, fonction stratégique qu’il occupera durant plus d’une décennie, jusqu’en 2013, dans un contexte particulièrement troublé de l’histoire ivoirienne. C’est également à ce titre qu’il assure, en vue de la présidentielle de 2010, la direction de campagne du candidat du PDCI, Henri Konan Bédié, multipliant les tournées à travers le pays et appelant à l’union sacrée des houphouëtistes. Parallèlement, il dirigera le Directoire du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) de 2005 à 2013.
Un héritage disputé
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Si sa carrière l’a conduit au sommet de l’appareil national, Djédjé Mady n’a jamais rompu le lien avec sa terre natale. Il devient ainsi le tout premier président du Conseil régional du Haut-Sassandra, installé le 17 juin 2013 après avoir été plébiscité par 49 des 60 conseillers réunis à la préfecture de région. À ce poste, il prend la tête des quatre départements que compte la région : Daloa, Issia, Vavoua et Zoukougbeu, plaçant son discours d’investiture sous le signe de la fraternité et de la cohésion. Réélu en 2018 avec 49,3 % des voix, il conservera cette responsabilité jusqu’au 22 septembre 2023, date à laquelle il transmet le flambeau au ministre Mamadou Touré, désormais à la tête de l’institution régionale.
En 2013, il avait ainsi porté sa propre candidature à la présidence du parti face à Henri Konan Bédié
Au-delà de sa gestion de l’appareil partisan, l’ancien secrétaire général a également été, à plusieurs reprises, une voix affirmée dans les débats internes sur l’avenir du PDCI-RDA. En 2013, il avait ainsi porté sa propre candidature à la présidence du parti face à Henri Konan Bédié, plaidant pour une formation unie et forte, et insistant sur la nécessité de préserver harmonieusement la chaîne des générations en son sein. Cette séquence avait mis en lumière des tensions déjà anciennes autour de la gouvernance, du renouvellement et de la transmission au sein du vieux parti.
Sa disparition survient à un moment important pour le PDCI-RDA, confronté à des enjeux majeurs de renouvellement de ses cadres, de repositionnement politique et de préparation des prochaines échéances nationales. Elle prive la formation d’une mémoire vivante et d’une expérience accumulée au fil de plusieurs générations militantes, tout en ravivant une interrogation de fond.
Homme de conviction, bâtisseur et serviteur de l’État, Alphonse Djédjé Mady part et laisse son parti en quête de « président », dont les dissensions fragilisent le parti depuis au moins 2 ans. En quelques mois, le plus vieux parti politique de Côte d’Ivoire a perdu 3 grands leaders de leur formation. Il s’agit, entre autres, des ministres Emile Constant Bombet, Léopoldine Tiézan Koffi et Alphonse Mady. Ce départ des personnalités du parti laisse encore un grand vide dans ce parti, qui depuis l’exil de son président Thiam, met le parti en ballottage…et surtout pose des questions essentielles sur le parti.
Isaac Mendy (Stagiaire)











































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»