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Côte d’Ivoire, Mgr Pierre Marie Coty, le parolier de l’Abidjanaise, est décédé

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Mgr Pierre Marie Coty, 93 ans, parolier de l’hymne national, est décédé, hier/Ph DR

Un communiqué de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire annonce le décès de Mgr Pierre Mary Coty, évêque émérite du diocèse de Daloa et auteur des paroles l’Hymne national de Côte d’Ivoire, vendredi 17 juillet 2020, à 21h, dans une clinique d’Abidjan, à l’âge de 93 ans.

Mgr Pierre Marie Coty est décédé, vendredi 17 juillet, dans sa 93e année. C’est ce qu’annoncée la Conférence épiscopale ivoirienne, dans son communiqué. Celui qui chaque année, à l’approche de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, acceptait, avec enthousiasme, de recevoir les personnalités et médias pour parler de l’histoire palpitante de l’Abidjanaise ne sera plus là. Lui, qui prenait plaisir à raconter les mésaventures qui ont jalonné l’Abidjanaise, avec ses promotionnaires pères Michel Pango et Marcel Eboyi, ne brandira plus les vielles notes de musique de l’Abidjanaise, dans son modeste salon de Cocody Palmeraie.

«À l’époque, le Père Pango était le plus grand musicien du clergé ivoirien. Il m’a informé que le député Assouan lui a demandé de composer une musique pour l’hymne national. Il m’a également sollicité pour que j’écrive les paroles. Je lui ai demandé de jouer cinq fois la partition de l’hymne sur l’harmonium de la chapelle du grand séminaire d’Anyama », avait raconté Mgr Coty, en 2018, avant le 58e indépendance, à La Croix Africa.

« 53 année d’oubli ou d’indifférence »

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Une fois le texte déposé, le jeune père Coty part en France pour des études. Des jours après, le jury annonce les gagnants de ce concours national. Son nom n’y figure pas en tant l’orchestre des paroles de ce qui est le fondement, l’identité de la Côte d’Ivoire : l’Abidjanaise. Il ne fit pas de palabres. Mais tout de même meurtri par le jeu politique qui entourait ce concours, d’autant plus que le ministre Mathieu Ekra en faisait partie.

« Pendant longtemps, il a été dit que la musique était du Père Pango et les paroles de Mathieu Ekra avec la collaboration de Joachim Boni et de l’abbé Coty. Ayant appris cela, nous avons saisi le gouvernement Houphouët-Boigny qui n’a pas voulu nous entendre. Nous avons donc laissé cette histoire », a déploré l’évêque émérite de Daloa.

Finalement, des années après, la vérité éclate. Les enfants de l’ex ministre de l’Education nationale Joachim Bony, sous Houphouët Boigny, confièrent que l’évêque Coty est l’auteur de l’hymne national. La paternité des paroles de l’hymne national lui est reconnue. C’est justice faite. Sous la houlette du président de la République Alassane Ouattara, il sera fait Commandeur de l’ordre national ainsi que son promotionnaire défunt Michel Pango, le 6 novembre 2013. Recevant cette distinction de reconnaissance du président, il fera remarquer fortement que « ce geste efface 53 années d’oubli ou d’indifférence.»

Les actes du colloque

 Un colloque fut donc organisé sur l’Abidjanaise. Il s’agi afin de restituer la vérité officielle sur les auteurs de l’Abidjanaise, les rétablir dans leurs droits ; traduire l’hymne national en langues maternelles ; instaurer une journée national de l’Abidjanaise. L’évêque parolier ne verra plus tous les actes du Colloque prendre forme. C’est à l’issue du Colloque qu’ils recevront la reconnaissance de la nation, lui et son confrère Pango.

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Pierre Marie Coty est né le 1er janvier 1927 à Anyama-Adjamé (Abidjan). Il est ordonné prêtre, le 19 juillet 1955, au Petit séminaire saint Augustin de Bingerville. Le 20 novembre 1975, il est nommé évêque du diocèse de Daloa, par le Pape  Paul VI. Charge qu’il assumera jusqu’au 22 mars 2005, avant de rendre sa démission au Saint Siège.

Les évêques catholiques s’unissent à la douleur de la famille biologique de l’illustre disparu et prient le Seigneur, Vainqueur du mal et de la mort, de l’accueillir dans sa paix et dans sa lumière.

Magloire Madjessou

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