Accueil A la une Covid-19 : Eglises et mosquées ignorées des restrictions levées par le...

Covid-19 : Eglises et mosquées ignorées des restrictions levées par le président de la République ?

PARTAGER
Le président Alassane t Ouattara/Ph DR

Parmi les mesures de restrictions levées pour l’intérieur du pays, les lieux de cultes ne sont malheureusement pas concernés. Est-ce une décision volontaire du Chef de l’Etat ou le nombre impressionnant des fidèles serait-il une raison de plus de propagation et de contagion, si d’aventure on les rouvrait ?

Le Chef de l’Etat, dans le cadre du plan de riposte contre la pandémie à Coronavirus, a adressé un message à la Nation, jeudi 7 mai 2020. Ce deuxième message intervient après celui du lundi 23 mars dernier, décrétant l’état d’urgence et le couvre-feu. Cette fois-ci, le président de la République, Alassane Ouattara, au regard des observations et résultats obtenus par le Conseil national de sécurité (Cns), a décidé de la levée des restrictions qui frappent tout le pays. Cette levée de restrictions concerne essentiellement les villes de l’intérieur du pays. Ces villes, selon le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, n’ont enregistré aucun cas détecté positif du Covid-19, depuis le 21 avril 2020.

« Les mesures de restriction, à savoir, la fermeture des restaurants, maquis, bars, boîtes de nuit, cinémas et lieux de spectacle sont levées à compter du vendredi 8 mai 2020 ; les mesures de restriction de rassemblements de populations, initialement plafonnées à 50 personnes, passent dorénavant à 200 personnes », a déclaré le président de la République.

A lire aussi: Covid-19 : levée du couvre-feu et réouverture des maquis, bars à l’intérieur du pays, ce vendredi

Parmi ces mesures de restrictions levées, nulle part il est fait mention de la réouverture des lieux de cultes dans les villes de l’intérieur du pays. Au début de la pandémie, parmi les 13 mesures complémentaires prises par le Cns, il y avait l’interdiction de tout rassemblement de 50 personnes. Les communautés religieuses, le lendemain de ces mesures gouvernementales, ont produit des recommandations invitant la fermeture des établissements scolaires et universitaires, des mosquées, des églises, la suspension des pèlerinages, chemins de croix, etc.

Avec cette nouvelle mesure, prise, jeudi, le plafonnement de 50 passe désormais à 200 personnes. On sait aussi que les  églises et mosquées peuvent contenir au moins 100 fidèles sinon plus de 1000. Si nous partons sur la base de 100 fidèles dans une église ou mosquée, on peut permettre la réouverture des lieux de cultes dans ces zones déconfinées, tout en exigeant aux guides ou responsables religieux de veiller au nombre restreint (200) soit observé pendant les prières et/ou les célébrations eucharistiques ainsi que les mesures barrières. Si cela n’est pas respecté, ces lieux de cultes subiront la rigueur de la loi et seront amendés.

L’Eglise et les grandes pandémies

  • L’humanité et l’Eglise catholique ont été éprouvées par les grandes pandémies du siècle. La peste noire au XIVe siècle. Ce fléau transmis par les puces de rats. Il s’est rapidement propagé en Europe et dans les régions d’Asie, tuant entre 30% et 50% des Européens.

Les différentes crises sanitaires ayant secoué gravement la planète, il y a des décennies, les églises ont été toujours des sentinelles de prières, d’intercession contre des maladies que la science n’a pu remédier quelquefois. A cet effet, l’Eglise catholique dont on connait bien l’Histoire dans le monde a eu le privilège d’expérimenter des grands saints dans les situations difficiles. L’humanité et l’Eglise catholique ont été éprouvées par les grandes pandémies du siècle. La peste noire au XIVe siècle. Ce fléau transmis par les puces de rats. Il s’est rapidement propagé en Europe et dans les régions d’Asie, tuant entre 30% et 50% des Européens.

A lire aussi: Côte d’Ivoire, l’Eglise catholique interdit rassemblements, salutations et célébrations pénitentielles

  • La preuve, au début la pandémie touchant le cœur des pays d’Europe et quelques pays africains, il a prié avec le Saint Sacrement dans les rues d’Italie, en communion, avec les autres nations du monde entier.

L’épidémie de Choléra, d’Ebola en Afrique, le Sida et aujourd’hui le Coronavirus, vers fin décembre. Toutes ces pandémies, l’Eglise catholique s’est interrogée fortement sur leurs causes et a soutenu que le comportement de l’homme a enfreint à la volonté de Dieu. Le pape François, depuis le déclenchement de la pandémie du Covid-19, a exprimé son inquiétude, prié aussi pour les morts, les malades et familles des victimes. La preuve, au début la pandémie touchant le cœur des pays d’Europe et quelques pays africains, il a prié avec le Saint Sacrement dans les rues d’Italie, en communion, avec les autres nations du monde entier.

En 2010, le Conseil pontifical pour la pastorale des travailleurs de la santé a relevé que l’Eglise gérait 26% des établissements de soins de santé dans le monde (Cf Cath.ch).  Eu égard de tout ce précède, il est impensable d’interdire la réouverture des lieux de cultes, au moment, où l’intérieur du pays est exempté de l’infection du Covid-19 et à plus besoin ou soif de Dieu.

Conditionné Dieu ?

Des actions qui sont à saluer mais on ne peut donc se focaliser sur le divertissement et les activités économiques seulement, en oubliant royalement ce qui fait l’essence de la vie de l’homme : la prière individuelle et communautaire avec Dieu. Bizarrement, on fait l’option négative d’un Dieu qu’il faut « confiner dans la maladie ». Ou encore le conditionné à une certaine évolution ou amélioration de la situation sanitaire.

En Côte d’Ivoire, père Eric-Norbert Abekan, Curé de paroisse Sainte Famille de la Riviera II Cocody, à Abidjan, avait dès les premières semaines du déclenchement de la maladie à Coronavirus, prié, avec le Saint Sacrement par la procession dans son territoire paroissial de Cocody. Estimant qu’on ne pouvait pas confiner Dieu comme on le ferait pour un homme. Cette action salvatrice et salutaire lui a valu des encouragements sur les réseaux sociaux et des personnalités du pays, qui ont vu qu’à travers cette procession du Saint Sacrement, Dieu ou Allah peut se manifester et aider la Côte d’Ivoire à freiner la pandémie.

La mise en œuvre de ces nouvelles mesures entrera en vigueur, vendredi 8 mai. Nous espérons que le président de la République, sachant l’importance de Dieu, Allah en pareille circonstance, saura revoir sa feuille de route, et prendra la décision que lui inspira le Miséricordieux, quant à sa place dans cette pandémie. Car, la Côte d’Ivoire est un pays béni de Dieu, avait prédit Mgr Paul Poupard, en 1995, lors de sa visite en Côte d’Ivoire.

Magloire Madjessou

PARTAGER