Samedi 26 septembre 2026, l’Archidiocèse d’Abidjan poursuit sa rentrée pastorale à la Cathédrale Saint-Paul du Plateau. Cette rentrée, placée sous la présidence de Dogbo Ignace Cardinal Bessi, a débuté le vendredi 25 septembre et s’étend jusqu’au dimanche 27 septembre 2026. Pour ce deuxième jour, le bilan financier et les projets économiques ont été présentés aux fidèles.
Marie Laure Boni-Abotcha, économe diocésaine de l’archidiocèse d’Abidjan, a établi la revue des réalisations par direction et par structure. « L’Église est un corps vivant et, dans ce corps, chaque génération d’ouvriers apporte sa pierre à l’édifice », a-t-elle déclaré. Pour elle, le premier devoir de l’économat, dont elle tient la direction, doit être celui de justice, de mémoire et de reconnaissance.
Elle a ensuite présenté l’état des lieux de la gestion économique du diocèse ainsi que les principales réformes engagées depuis la mise en place de la nouvelle équipe de l’économat. Dans sa communication, elle a précisé que sa gestion couvre la période de novembre 2025 au 31 août 2026.
Notre défi pour la première année n’était plus d’acquérir de nouveaux biens, mais…
Au nombre des acquis présentés figurent notamment des paroisses, des établissements scolaires, des immeubles, ainsi que d’importantes superficies de terrains et de forêts. Selon l’économe diocésaine, cet héritage constitue un important levier économique, mais impose également de nouvelles responsabilités en matière d’inventaire, de sécurisation juridique et de rentabilité. « Notre défi pour la première année n’était plus d’acquérir de nouveaux biens, mais de consolider ce qui existait, de sécuriser et de faire fructifier l’héritage reçu », a-t-elle expliqué.
La nouvelle équipe de l’économat a ainsi entrepris une réorganisation de la gestion des biens et des finances du diocèse. L’objectif affiché était de « mettre fin à une gestion jugée trop dispersée entre les différentes structures ». C’est ainsi que les écoles, la péréquation des pères et les autres structures intervenant dans la gestion financière ont été rattachées à l’économat diocésain.

Neuf directions ont ainsi été mises en place afin de centraliser les informations et de permettre une meilleure visibilité sur la situation économique du diocèse. « L’économat centralise toutes les données, mais il faut qu’un travail soit fait par direction », a indiqué Marie Laure Abotcha. Cette réforme s’accompagne également d’une volonté de renforcer le contrôle interne, la standardisation des procédures et la reddition des comptes. L’économe diocésaine a rappelé que l’Église évolue désormais dans « un environnement réglementaire qui exige davantage de transparence dans la gestion des ressources et du patrimoine ».
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Rodrigue Danho, chargé de la présentation des chiffres financiers, a livré les principaux chiffres du bilan financier, couvrant la période du 1er janvier au 31 août 2026, avec une comparaison à la même période de 2025. Il a d’abord précisé que les données étaient présentées selon deux périmètres, avec et sans les établissements scolaires placés sous la coupole de l’archidiocèse.
7,113 milliards de Fcfa en 2026
les revenus du diocèse atteignent 7,113 milliards de FCFA en 2026, contre 4,555 milliards en 2025, soit une progression de près de 56 %
Sans intégrer les écoles, les revenus du diocèse atteignent 7,113 milliards de FCFA en 2026, contre 4,555 milliards en 2025, soit une progression de près de 56 %. Les charges s’élèvent, quant à elles, à 4,830 milliards de FCFA contre 4,53 milliards sur la même période en 2025. Le résultat passe ainsi de 512 millions à environ 2 milliards de FCFA. Avec l’intégration des écoles, les revenus atteignent 10,185 milliards de FCFA, contre environ 4,565 milliards en 2025. Les charges s’établissent à 6,990 milliards de FCFA, permettant de dégager un résultat de 3,194 milliards de FCFA (contre environ 35 millions en 2025 pour le même périmètre).
« La générosité des fidèles, effectivement, occupe une grande part », a souligné Rodrigue Danho. Pour lui, dans la structure des revenus, la générosité des fidèles demeure la principale source de ressources. Les offrandes ordinaires, les quêtes de semaine, les demandes de messe et les autres contributions constituent une part importante des recettes. Du côté des dépenses, les services extérieurs, les charges de personnel, les achats de marchandises et les différentes charges de fonctionnement représentent les principales masses. La prise en charge des prêtres s’élève à environ 1,4 milliard de FCFA sur la période considérée.

La situation de trésorerie fait également ressortir une évolution importante. Au 31 août 2026, elle s’établit à 5,48 milliards de FCFA contre 1,677 milliard à la même période en 2025. Le diocèse fait cependant face à des engagements financiers. Sur 6,251 milliards de FCFA d’engagements, 4,470 milliards ont été validés comme dettes réelles. Après 1,296 milliard déjà payé depuis janvier, le solde restant à régler s’élève à environ 3,170 milliards de FCFA.
Pour Marie Laure Boni-Abotcha, ces résultats ne doivent donc pas être interprétés comme une absence de contraintes financières. Les ressources dégagées doivent permettre à la fois de rembourser les dettes, d’investir et de conserver une réserve de trésorerie. « Dans les 3 milliards, il faut affecter une partie au remboursement de la dette. Il faut qu’une partie soit affectée à des investissements. Et il faut qu’une partie soit gardée comme trésorerie », a-t-elle expliqué. Dans cette perspective, le diocèse entend poursuivre la diversification de ses sources de revenus.
Isaac Mendy (Stagiaire)









































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»