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Colloque sur les tabous et secrets de famille : Agents communautaires, influenceurs, médias…doivent promouvoir le bien-être et la libération de la parole

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Les panélistes animant des thématiques sur le colloque international /Ph Credo

Durant ces deux jours (jeudi et vendredi 18 et 19 juin 2026), des laïcs, religieuses, prêtres et spécialistes ont réfléchi et proposé des recommandations sur les tabous, les secrets de famille et bien-être organisé par le Centre de counseling professionnel et de la pastorale clinique (COPAC) à l’Institut théologique de la compagnie de Jésus (ITCJ) Angré Cocody-Abidjan.

Le thème : « secret de famille et bien-être des individus : analyses de quelques cas cliniques ». Cette communication a été faite par Dr Akossi Mvongo Marguerite, psycho-thérapeute. Elle a analysé que les secrets de famille sont des informations importantes qu’on cache aux individus et qui les empêchent de se développer normalement. Selon elle, les parents doivent être sensibilisés en parlant aux enfants.

Les secrets ne doivent pas être juste des punitions et des sources de souffrances

Par contre, si les choses n’ont pas été dites, pense la psycho thérapeute, il y a des suivis thérapeutiques qui peuvent être faites pour permettre aux personnes de se réconcilier avec elles-mêmes et leurs histoires. « Les secrets ne doivent pas être juste des punitions et des sources de souffrances pour des personnes, mais il faut qu’elles soient outillées pour savoir les gérer, utiliser et quelquefois avoir le courage d’aller contre », dit-elle.

Elle a justifié qu’on ne doit pas cacher à une personne, ce qui relève de son identité, sa filiation. En outre, elle a estimé que les personnes ne doivent pas se construire sur des bases fausses. Pour finir ce chapitre, la psycho-thérapeute invite les Ivoiriens à faire preuve de dépassement. Analysant le sujet, elle soulignera que si cela à plus d’effet négatif que positif, alors « ce ne sont pas des règles à respecter, mais à remettre en cause ». Enfin, pour les enfants, elle exhorte les parents à adopter les échanges cordiaux et une posture de vérité.

Les panélistes dont des religieuses et laïcs/Ph Credo

Quant à sœur Pascaline Sam, religieuse basée au Sénégal, parlant des tabous et violences basées sur le genre dans l’Eglise, elle dira qu’il y a des efforts qui sont faits dans ce sens. Pour elle, des commissions ont été mises en place par des églises d’Afrique, comme les tribunaux ecclésiastiques, des centres d’écoutes…, qui à l’en croire « peuvent avoir une oreille attentive en vue d’éradiquer ce fléau ». Parlant du protocole, la Sr Sam a expliqué qu’il y a des personnes vulnérables et mineurs qui ont été aussi rétablies au sien de l’Eglise.

Père Jean Messingué, initiateur de ce colloque international, a donné une communication sur « le tabou du célibat féminin et la santé mentale des femmes africaines ». Pour lui, les tabous ont toujours existé et participent à la structuration de la société et l’organisation de la vie familiale. Au-delà de cette intention sur les tabous, indique le père Messingué, il y a des choses sur lesquelles, « le secret et le tabou ne font pas du bien ».

Cette tension que nous devons gérer, a estimé père Messingué, sachant qu’au sein des familles, il y a des gens qui souffrent énormément parce que le silence s’impose à eux

Pour le père, il y a des tensions entre la vision communautaire ou collectivisme de l’Africain, qui privilégie la cohésion, l’harmonie, le bien de la famille au détriment de l’individu. Cette tension que nous devons gérer, a estimé père Messingué, sachant qu’au sein des familles, il y a des gens qui souffrent énormément parce que le silence s’impose à eux.

Selon lui, le silence finalement n’est pas un silence, mais agit de façon silencieuse, fatigue et détruit la vie des personnes. Pour les experts présents à ce colloque, ils ont réalisé que les défis sont communs. Pour l’initiateur de ce colloque, il préconise que ces personnes se mettent ensemble (agents communautaires, influenceurs, hommes et femmes de médias…) pour jouer le rôle, qui est le leur, en promouvant le bien-être et sensibilisés sur la libération de la parole, afin de solliciter de l’aide, l’accompagnement, chercher un lieu sécurisé etc.

Magloire Madjessou

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