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Voyage apostolique : Le Pape exhorte les autorités camerounaises à «briser les chaînes de la corruption»

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Léon XIV au Cameroun pour écouter les autorités et la population/Ph DR

C’est au Palais de l’unité, édifice emblématique, construit dans les années 1980, qui se distingue par son architecture imposante et ses jardins soigneusement entretenus, que le Pape Léon XIV a effectué sa première prise de parole mercredi 15 avril au Cameroun. Dans son discours aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique, le Souverain pontife a détaillé ses aspirations pour le pays, appelant à dépasser la violence, renforcer les institutions et redonner espérance à la jeunesse.

Léon XIV est arrivé ce mercredi 15 avril à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen en provenance d’Alger où il a passé au total 48h, en pèlerin de paix sur les traces de saint Augustin, son père spirituel.

Après la cérémonie de bienvenue en terre camerounaise, terre d’hospitalité et d’accueil, le Saint-Père a effectué une visite de courtoisie au président Paul Biya au Palais de l’unité connu aussi sous le nom de Palais d’Étoundi. C’est donc dans ce cadre agréable à la vue, qui incarne la continuité de l’État et l’unité nationale, que Léon XIV a rencontré les autorités camerounaises, ainsi que des représentants de la société civile et du corps diplomatique. 

Une visite historique

L’arrivée de Léon XIV est la quatrième visite d’un Pape sur le sol camerounais. L’actuel Souverain pontife intègre ainsi les annales de l’histoire comme le 3e pontife qui a visité le Cameroun en l’espace de 40 ans sous le magistère du président Paul Biya. «C’est avec une joie immense que je vous accueille, à l’occasion de cette visite historique», a d’ailleurs lancé dans son discours le chef de l’État camerounais, qui depuis sa venue au monde le 13 février 1933 jusqu’à ce jour a connu neuf Papes: Pie XI, Pie XII, Jean XXII, Paul VI, Jean-Paul I, Jean-Paul II, Benoît XVI, François, et maintenant Léon XIV. Le président Biya a aussi, dans discours de bienvenue, mis en avant la coexistence pacifique entre différentes confessions religieuses, un modèle dont le pays se dit «légitimement fier». «Le message de paix et de concorde dont vous êtes porteur résonne avec une force particulière dans nos cœurs», a-t-il ajouté.

La diversité camerounaise à l’honneur

Dès l’entame de son allocution, Léon XIV a salué la richesse culturelle du Cameroun, souvent présenté comme une «Afrique en miniature», en raison de la diversité de ses territoires, de ses cultures, de ses langues et de ses traditions. «Cette variété, a-t-il poursuivi, n’est pas une fragilité, mais un trésor. Elle est une promesse de fraternité et une fondation solide pour construire une paix durable.» Se présentant comme «pasteur et serviteur du dialogue», l’évêque de Rome a exprimé son attachement au peuple camerounais, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre la construction du bien commun dans un contexte mondial marqué par le doute et la résignation.

«Nous vivons une époque où la résignation se répand» et où un sentiment d’impuissance «tend à paralyser le renouveau que les peuples ressentent profondément», a-t-il fait remarquer. «Que de faim et soif de justice! Que de soif de participation, de visions, de choix courageux et de paix! Mon grand désir est de toucher le cœur de chacun, en particulier celui des jeunes, appelés à façonner, y compris sur le plan politique, un monde plus juste», a lancé le Saint-Père.

«La transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance», a-t-il conseillé

Transparence et lutte contre la corruption

Dans son discours adressé aux autorités camerounaises, le Pape a ensuite invité à «oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux». «La transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance», a-t-il conseillé.

La sécurité, a ensuite assuré l’évêque de Rome, est une «priorité», qui doit être assurée «dans le respect des droits de l’homme, en unissant rigueur et grandeur d’âme, avec une attention particulière pour les plus vulnérables». « Une paix authentique naît lorsque chacun se sent protégé, écouté et respecté, lorsque la loi est un rempart sûr contre l’arbitraire des plus riches et des plus forts», a-t-il détaillé.

Pour que la paix et la justice « s’affirment», il faut en effet «briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité», «libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie. Le véritable gain c’est le développement humain intégral, c’est-à-dire la croissance équilibrée de tous les aspects qui font de la vie sur cette terre une bénédiction», a-t-il enjoint.

Vatican.va

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