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Projets agricoles, agro-industries, entrepreneuriat des jeunes : L’Archidiocèse d’Abidjan mise sur ces secteurs pour rentabiliser ses ressources

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Marie Laure Boni, Maximin Digbeu ont présenté les projets agricoles pour l'archidiocèse d'Abidjan/Ph Archives/Credo

Depuis plus d’un an, l’Archidiocèse d’Abidjan, avec sa nouvelle responsable en charge de l’économat, mise sur des secteurs très porteurs, à savoir l’agriculture, l’entrepreneuriat et l’accompagnement des personnes vulnérables. Ainsi, ce samedi 26 septembre 2026, à la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan-Plateau, Marie-Laure Boni-Abotcha et son équipe ont présenté des projets agricoles afin de rentabiliser les ressources de ce diocèse qu’est Abidjan.

Présentant les projets agricoles et agro-industriels, Maximin Digbeu, directeur des projets d’investissement au sein de l’économat diocésain, a fait le point sur la plantation d’Anno, située à 32 kilomètres d’Agboville. Le site dispose de 171 hectares sécurisés, dont 115 hectares d’hévéa et 20 hectares de palmier à huile, le reste étant constitué de routes et de zones marécageuses. Sur les 115 hectares d’hévéa, environ 80 hectares sont actuellement exploités, avec 43 953 pieds saignés. La plantation a produit 61 412 kilogrammes de caoutchouc en 2026, pour un chiffre d’affaires d’environ 40 millions de FCFA.

Plusieurs actions ont déjà été engagées pour améliorer la production, notamment l’acquisition de débroussailleuses et de nouveaux équipements, la construction et la réhabilitation de logements pour les ouvriers, ainsi que l’acquisition de trois tricycles et de deux motos pour faciliter le transport et l’encadrement.

Pour renforcer cette exploitation, l’un des principaux défis demeure toutefois la disponibilité de la main-d’œuvre. « Nous nous projetons de récupérer et de former des saigneurs parmi les jeunes de nos différentes paroisses », a indiqué Maximin Digbeu. L’objectif est également d’achever la mécanisation des travaux, de maîtriser les charges d’exploitation et d’améliorer davantage les conditions de vie des travailleurs.

Le responsable a également présenté le potentiel foncier situé dans la région de Bocanda et de M’Bahiakro. À travers des partenariats avec 4 villages, l’Archidiocèse dispose de 16 certificats fonciers couvrant au total 8 472 hectares. Les équipes ont commencé la visite des sites, les rencontres avec les communautés villageoises et l’apurement des purges coutumières. Sur les 1,401 milliard de FCFA dus au titre de ces droits, 1,248 milliard avait déjà été payé, laissant un reliquat de 153 millions de FCFA.

Recrutement des jeunes de 18 à 35 ans

Au-delà de la mise en valeur des terres, le projet accorde une place importante à la formation des jeunes dans la filière hévéicole. Selon Maximin Digbeu, la Côte d’Ivoire fait face à un déficit d’environ 35 000 saigneurs, une situation qui entraîne la non-exploitation d’une partie du verger. L’Archidiocèse prévoit ainsi de recruter, dans ses paroisses, des jeunes âgés de 18 à 35 ans afin de les former gratuitement et de les déployer dans ses plantations, puis auprès de partenaires.

Dogbo Ignace Cardinal Bessi, les évêques auxiliaires, prêtres, religieuses et fidèles tous étaient présents pour cette rentrée pastorale Abidjan/Ph Credo

Quant à Marie-Laure Boni-Abotcha, économe de l’archidiocèse d’Abidjan, elle a présenté le programme d’entrepreneuriat destiné aux jeunes, aux femmes et aux personnes en situation de vulnérabilité. Le projet vise à favoriser, selon elle, leur autonomie à travers la formation, l’accompagnement et l’accès à l’emploi. « Il s’agit de les mettre en poste de responsabilité, de les emmener à être acteurs de leur propre vie, en les accompagnant dans leur parcours, pour qu’à un moment donné, ils puissent se prendre en charge eux-mêmes », a-t-elle expliqué.

Le dispositif reposera sur trois pôles, à savoir la formation et l’expertise, l’accompagnement psychologique et spirituel, puis l’emploi. Un triple recensement sera également effectué dans les paroisses. Il permettra d’identifier les jeunes, les femmes et les personnes vulnérables à accompagner, mais aussi les fidèles catholiques disposant de compétences professionnelles susceptibles d’encadrer ces bénéficiaires et les chefs d’entreprises catholiques pouvant contribuer à leur insertion.

Avant l’accès à l’emploi, les bénéficiaires devront passer par une école destinée à renforcer la discipline, la ponctualité, le rapport au travail et les valeurs professionnelles. Ils bénéficieront ensuite de formations techniques courtes et pratiques, adaptées aux besoins du marché.

Religieuses et fidèles sortent de la cathédrale…/Ph DR

Plusieurs possibilités d’insertion sont prévues, comme le recrutement dans des entreprises existantes, l’emploi dans les entreprises que l’économat diocésain entend créer ou encore l’accompagnement de projets générateurs de revenus. « Le diocèse pourra dire : nous créons telle entreprise, mais au bout de trois ans, parmi les plus méritants, nous allons ouvrir le capital de sorte que les jeunes qui travaillent dans cette entreprise puissent racheter des parts du capital », a précisé Marie-Laure Boni-Abotcha.

Concernant les besoins, les métiers, les formations, les entreprises et les emplois, souligne-t-elle, ils renvoient à des entreprises qui génèrent des ressources, et les ressources permettent de prendre en charge une autre génération de jeunes et de femmes dans le besoin.

Isaac Mendy (Stagiaire)

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