Dans un communiqué publié, jeudi 5 mars 2026, la Commission paritaire d’attribution de la carte d’identité de journaliste professionnel (Cijp) a rendu son verdict, en annulant la Cijp 2025 du candidat Franck Ettien. Les instances de l’Unjci, à savoir le Conseil d’administration et le Conseil exécutif se sont saisis de ce dossier, à travers leur déclaration du 6 mars. Elles estiment que cette décision ne relève pas de ses attributions, mieux « le doyen Lucien Houédanou s’est lui-même discrédité et disqualifié aux yeux de la profession. »
Ce matin, 6 mars 2026, nous avons écouté avec une attention particulière l’intervention du doyen Lucien Houédanou, vice-président de la Commission paritaire d’attribution de la Carte d’identité de journaliste professionnel (CIJP), sur les antennes de la Radio de la Paix.
Le moins que l’on puisse dire est que nous avons été profondément surpris par la désinvolture avec laquelle le vice-président de la CIJP a choisi d’aborder la crise qui traverse actuellement l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci).
le doyen Lucien Houédanou en est venu à appeler, ni plus ni moins, à une mise sous tutelle de l’Unjci par l’autorité administrative
Entre insinuations, suggestions hasardeuses et propositions pour le moins contestables, le doyen Lucien Houédanou en est venu à appeler, ni plus ni moins, à une mise sous tutelle de l’Unjci par l’autorité administrative, au motif que le Congrès extraordinaire du 25 février dernier aurait démontré l’incapacité de la grande famille des journalistes ivoiriens à régler elle-même ses différends.
Une telle déclaration est non seulement grave, mais aussi profondément méprisante pour une organisation professionnelle qui, malgré les crises qu’elle a connues au cours de son histoire, a toujours su trouver en son sein les ressources nécessaires pour préserver son unité et son indépendance. Nous rappelons au président du Cénacle qu’en ce moment même, une médiation est en cours, conduite sous l’égide du Conseil des sages et des past-présidents de l’Unjci, avec un plan clair de sortie de crise.
Ceux qui aiment réellement cette maison devraient soutenir ces efforts plutôt que de souffler sur les braises. Par ailleurs, contrairement aux allégations du président du Cénacle, le Congrès extraordinaire du 25 février 2026 a bel et bien prorogé le mandat des instances de l’UnjciI — Conseil des Sages, Conseil d’Administration et Conseil Exécutif — et ce, malgré les conditions difficiles de sa tenue. Cette décision demeure valable et légitime.
le doyen Lucien Houédanou feindre d’ignorer ces efforts et appeler publiquement à l’immixtion des autorités publiques
C’est pourquoi nous sommes stupéfaits de voir le doyen Lucien Houédanou feindre d’ignorer ces efforts et appeler publiquement à l’immixtion des autorités publiques dans la gestion interne d’une association privée indépendante.
Une telle posture ne peut qu’interpeller.
Car comment ne pas rapprocher cet appel à la mise sous tutelle de l’Unjci du récent communiqué de la CIJP, signé par le même Lucien Houédanou, annonçant l’annulation de la Carte d’identité de journaliste professionnel 2025 de M. Franck Ettien, au mépris manifeste des règles juridiques et des procédures qui encadrent cette institution ?
Dès lors, une question s’impose :
l’appel à la mise sous tutelle de l’Unjci participe-t-il d’un plan déjà préparé dont le premier acte aurait été l’annulation arbitraire de la CIJP de M. Franck Ettien, 3ᵉ vice-président du Conseil exécutif de l’Unjci ?
Tout porte malheureusement à le croire.
À travers cette intervention pour le moins orientée contre l’Unjci, le président du Cénacle vient de lever lui-même le voile sur ce qui ressemble désormais à une entreprise de déstabilisation soigneusement orchestrée.
Lucien Houédanou s’est lui-même discrédité et disqualifié aux yeux de la profession
En foulant aux pieds les règles de fonctionnement de la Commission paritaire d’attribution de la Carte d’identité de journaliste professionnel pour prononcer une décision qui ne relève pas de ses attributions, le doyen Lucien Houédanou s’est lui-même discrédité et disqualifié aux yeux de la profession.
La vérité apparaît désormais au grand jour.
Les journalistes de Côte d’Ivoire comprennent de mieux en mieux la cabale qui se trame contre leur organisation professionnelle et les acteurs qui y prennent part.
L’Unjci est une organisation indépendante.
Elle le restera.
Aucune manœuvre administrative, aucune instrumentalisation institutionnelle et aucune campagne de déstabilisation ne viendront à bout de la détermination des journalistes ivoiriens à défendre leur autonomie, leur dignité et leurs institutions professionnelles.
Les journalistes de Côte d’Ivoire savent désormais à quoi s’en tenir.
Fait à Abidjan le 6 mars 2026
Pour le Conseil d’Administration
Bertin N’Guessan
Le Président
Pour le Conseil Exécutif de l’Unjci
Jean-Claude Coulibaly
Le Président









































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»