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Pollution plastique : « Ces particules invisibles détectées dans l’eau potable, les poissons même le lait maternel », alerte le ministre Abou Bamba

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Le ministre Abou Bamba, Prof Ossey Yapo et les journalistes scientifiques/Ph DR

Une cinquantaine de journalistes était, jeudi dernier, à un atelier de formation organisé par le Centre ivoirien antipollution (CIAPOL) en collaboration avec le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, dans un hôtel de Cocody-Abidjan. Objectif, outiller et renforcer les journalistes sur les mécanismes de la gestion de la pollution plastique en Côte d’Ivoire.

La pollution plastique est devenue l’une des crises environnementales, selon le ministre Abou Bamba, les plus préoccupantes du XXIᵉ siècle. « Chaque année, le monde produit plus de 460 millions de tonnes de plastique, un volume qui a plus que doublé en vingt ans. Pourtant, moins de 9 % de ces déchets sont recyclés. Pis encore, 19 à 23 millions de tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans les lacs, les fleuves et les océans, soit l’équivalent d’un camion à ordures déversé dans les milieux aquatiques chaque minute », a expliqué le ministre Abou Bamba, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique.

Au dire du ministre, la Côte d’Ivoire produit plus de 400 000 tonnes de déchets plastiques par an, soit près de 1 100 tonnes chaque jour. Plus de 50 % de ces déchets échappent aux circuits de collecte, tandis que moins de 5 % sont recyclés. Selon lui, les plastiques représentent près de 85 % des déchets retrouvés dans les milieux marins.

Ce que disent les recherches scientifiques

Sous l’effet du soleil et de l’usure, explique le ministre Bamba, les plastiques se fragmentent en microplastiques. Ces particules invisibles ont désormais été détectées dans l’eau potable, les poissons, le sel de table, le miel, les fruits de mer, mais également dans le sang humain, les poumons, le foie, le placenta et même le lait maternel. En dépit de cette situation alarmante, et selon lui, « les recherches scientifiques établissent des liens de plus en plus préoccupants entre cette exposition et certaines maladies inflammatoires, des perturbations endocriniennes, des troubles de la reproduction, des maladies cardiovasculaires et plusieurs pathologies chroniques ».

Le Directeur du Ciapol, Bernard Ossey Yapo (gauche) et Abou Bamba, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique /Ph Credo

En Côte d’Ivoire, cette pollution alourdit, a déclaré le ministre, les dépenses publiques consacrées au curage des caniveaux, à la gestion des déchets etc. Mais, elle affecte également la pêche artisanale, le tourisme, les transports, les collectivités territoriales et, plus largement, l’attractivité économique de notre pays.

Persuadé que les journalistes présents à cet atelier de formation pourront relayer l’information sur la lutte contre la pollution plastique, le ministre Bamba est convaincu qu’elle se gagnera également dans les médias, grâce à une information crédible, accessible et scientifiquement fondée.

Réduire la pollution plastique

Prof Bernard Yapo, directeur du Ciapol, a affirmé que la pollution plastique n’épargne aucun territoire. Elle affecte nos océans, nos lagunes, nos cours d’eau, nos sols, notre biodiversité et, de plus en plus, notre santé. Selon le directeur du Ciapol, plusieurs centaines de milliers de tonnes de déchets plastiques sont générées chaque année, tandis que le taux de recyclage demeure encore insuffisant pour répondre aux enjeux actuels.

A l’en croire, la Stratégie nationale de lutte contre la pollution plastique (SNLCPP) 2026-2030, dont l’ambition est de réduire significativement la pollution plastique tout en favorisant une économie circulaire créatrice d’emplois verts.

Ainsi, pour Prof Bernard Yapo Ossey, cette journée de renforcement des capacités permettra de mieux comprendre le cadre réglementaire, les orientations de la Stratégie nationale, les enjeux du recyclage ainsi que les principes de l’économie circulaire afin de renforcer la qualité du traitement médiatique des questions environnementales.

Marcelle Aka, présidente de l’Association des journalistes scientifiques de Côte d’Ivoire (Ajsci), soutient que la problématique majeure réunissant les professionnels des médias est de lutter contre la pollution plastique. Enfin, elle a annoncé la mission, qui « consiste à expliquer les phénomènes, à donner du sens aux données scientifiques, à décrypter les enjeux, à vérifier les faits et à rendre accessibles des connaissances parfois complexes afin que chaque citoyen puisse comprendre et agir ».

Magloire Madjessou

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