À quelques jours du Congrès de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci), prévu les 13 et 14 février 2026, à la Maison de la presse d’Abidjan-Plateau, une initiative du ministre de la Communication suscite interrogations et tensions. Alors que le processus électoral se déroule sans incident majeur, une rencontre convoquée en urgence alimente les soupçons d’ingérence.
Le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, s’invite dans le processus électoral de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci), alors même que celui-ci suit son cours normal.
Depuis le lancement des opérations électorales, toutes les étapes ont été franchies sans heurts : du dépôt des dossiers de candidature à la gestion du contentieux relatif à la liste électorale, l’organisation s’est déroulée dans un climat apaisé et conforme aux textes.
l’assistante du ministre a contacté les différents candidats, le président de l’Unjci, le président du Comité d’organisation du Congrès ainsi que les membres du Conseil d’administration pour les inviter à une rencontre avec le ministre
Contre toute attente, selon des sources, hier soir, l’assistante du ministre a contacté les différents candidats, le président de l’Unjci, le président du Comité d’organisation du Congrès ainsi que les membres du Conseil d’administration pour les inviter à une rencontre avec le ministre, prévue ce jour à 15 heures, à son Cabinet.
A lire aussi: Campagne Unjci : Marie Laure N’Goran présente son programme aux journalistes
Si une telle initiative n’est pas totalement inédite — d’anciens ministres en charge de la Communication ayant déjà entrepris des démarches similaires par le passé — le contexte actuel suscite davantage d’interrogations. Selon des sources proches du ministère, le ministre envisagerait de demander au président de l’Unjci le report du Congrès.
Une éventualité que de nombreux journalistes perçoivent comme une intrusion inopportune dans les affaires internes de leur organisation. Certains ont d’ailleurs fermement mis en garde le président de l’Unjci contre toute décision qui serait interprétée comme une capitulation face à une pression extérieure.
D’autres, plus radicaux, estiment qu’une telle ingérence justifierait une demande de démission du ministre
Plusieurs voix appellent à la vigilance et préviennent que toute tentative de report pourrait entraîner une mobilisation devant le ministère de la Communication. D’autres, plus radicaux, estiment qu’une telle ingérence justifierait une demande de démission du ministre.
A lire aussi: A 3 jours du scrutin Unjci : « Une crise couve déjà », le candidat Franck Ettien appelle les journalistes au calme
À ce stade, aucune déclaration officielle n’a encore été faite à l’issue de la rencontre annoncée. Mais cette séquence ravive le débat sur l’autonomie des organisations professionnelles et la nécessaire neutralité des autorités publiques dans leurs processus électoraux internes.
C’est lieu d’interpeller le gouvernement et le ministère de tutelle que l’Unjci est une association privée et non étatique. Par conséquent, elle ne saurait satisfaire aux ambitions d’un ministre en fonction. Les journalistes ivoiriens sont assez majeurs pour décider de leur avenir. A la limite, s’il y a des difficultés, c’est de voir comment les résoudre et non prendre position pour un tel…
Magloire Madjessou










































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»