L’Association des propriétaires terriens de l’île de Motobé (Aptim) et la communauté villageoise de Moossou 1et 2 ont organisé le 14 mai 2026 sur ladite île, la cérémonie d’inauguration et de rétrocession de leurs terres, en présence des chefs, des fils et filles de l’île.
« Aujourd’hui la terre nous revient. C’est l’héritage de nos ancêtres qui est sécurisée pour les générations futures ». C’est par ces mots que Tchinan Kodjo Michel, secrétaire des notables de l’île Motobé, a salué la victoire de l’Aptim sur toutes les personnes, qui avaient expropriées leurs terres, les privant de cette richesse ancestrale.
Pour lui, loin d’être une simple cérémonie de signature de documents, cette célébration symbolise « la restauration du patrimoine ancestral », d’où la joie des familles qui voient « en cette restitution une opportunité de développer, de construire et de stabiliser » l’île de Motobé.
Mais d’où vient cette histoire d’expropriation des terres ?
Selon Adjilé Ayèto Bonaventure, vice-président de l’île Motobé, en 2013, les responsables de ladite île ont signé un accord avec le sieur Akpalé qui leur avait proposé ses services en vue de lotir « les terres de nos parents ». Cette convention de lotissement qui prévoyait un partage équitable des revenus a été signé entre les concernés et sieur Akpalé, après viabilisation, précise Adjilé Bonaventure.
Mais pendant que ces populations s’attendaient au démarrage des travaux de lotissement, le sieur Akpalé se présente à eux un matin avec un ACD établit en son nom. Naît alors, le long épisode du conflit foncier qui va opposer les deux parties. Ainsi, les responsables de cette île saisissent le tribunal et, en 2016, ils reçoivent satisfaction avec l’annulation de la convention de lotissement.

A la suite de cela, « nous avons saisi le Conseil d’État puisqu’il avait un ACD », étant donné que seule cette institution étatique peut faire annuler un ACD, souligne le vice-président de l’Aptim. « En 2024, nous avons reçu gain de cause », souligne fièrement le jeune autochtone de l’île de Motobé. Qui n’a pas manqué de souligner la misère dans laquelle les populations de cette île ont vécu depuis l’avènement de cette crise en 2010.
Selon lui, dans la convention, le sieur Akaplé devait détruire les plantations et en compensation, donné de l’argent aux paysans. « Il a détruit les plantations, sans honorer son engagement envers les populations ». C’est ce qui a plongé ceux-ci, explique-t-il, dans une véritable misère.
Actuellement, après la sortie de la grosse de la décision du Conseil d’Etat, le peuple Abouré de Moossou et les propriétaires terriens de l’île de Motobé se réjouissent d’avoir remporté cette victoire juridique contre le sieur Akaplé et ses soutiens.
L’île de Motobé s’étend sur 8 000 ha, dont 700 ha appartiennent aux propriétaires terriens. Elle part du pont de Moossou en direction d’Alépé et fait frontière avec le village de Motobé au niveau des palmeraies de Palmci.
Aka Ahoussi











































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»