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Chapelain de Sa Sainteté, prêtres formés, Centre des catéchistes, fonction dans le diocèse : Mgr Pierre Ablé sans détours

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Père Pierre Ablé Dago devenu Chapelain de Sa Sainteté/Ph Credo

Nommé Chapelain de Sa Sainteté par le pape Léon XIV, Mgr Pierre Ablé Dago qui fêtait ses 50 ans de vie sacerdotale a été longuement applaudit par les fidèles y compris ses anciens élèves ou étudiants devenus prêtres ou évêques, à la paroisse Saint Pierre Saint Paul de Divo, dimanche 19 avril 2026. Mgr Pierre Ablé Dago, qui est la retraite depuis des années, et appelé à la rescousse dans son diocèse de Gagnoa, revient sur cette nomination et de ses nouvelles charges.

Mgr Pierre Ablé, le dimanche 19 avril, lors de la célébration de vos 50 ans de vie sacerdotale, Mgr Jean Jacques Koffi Oi Koffi, évêque de Gagnoa, a donné une information selon laquelle, le Pape vous élève au rang de Chapelain de Sa Sainteté. Attendiez-vous à cette nomination ?

Je ne m’y attendais pas du tout. C’est mon évêque Mgr Jean Jacques Koffi Oi Koffi, qui a gardé cette nouvelle. Je l’ai apprise au même moment que tout le monde. Je fus surpris. C’est arrivé hier, (dimanche 19 Ndlr), de Rome. Je l’accepte.

Je ne m’y attendais pas du tout

Désormais, Mgr vous êtes Chapelain de Sa Sainteté dans la région du Lôh-Djiboua et dans le diocèse. Est-ce qu’avant vous, des personnes auraient eu ce titre honorifique dans le diocèse de Gagnoa ?

Bien sûr. On appelait ça avant prélat de Sa Sainteté. Ils ne sont plus de ce monde, paix à leurs âmes ! Il y avait les nosseigneurs Daniel Eyim, Paul Kodjo, Robert Attéa qui furent les premiers prêtres de la région, et ordonnés dans les années 49 voire 50.

Des années après, c’est vous…

En effet, je suis nommé Chapelain de Sa Sainteté.

Mgr Pierre Ablé, avec votre nomination, votre charge dans le diocèse de Gagnoa devient encore énorme…

C’est un titre honorifique. Qu’est-ce qu’il y a dedans, je n’en sais trop rien. Etant donné que la plupart du temps, ce titre concerne les personnes âgées comme une récompense. Je ne connais pas encore les termes de ce titre. J’attends qu’on précise ce qu’il y a dedans…

Toujours est-il que vous êtes heureux de cette nomination ?

Si j’ai été nommé, cela voudrait dire qu’il y a quelque chose qu’on veut récompenser

Je suis reconnaissant (rire). Si j’ai été nommé, cela voudrait dire qu’il y a quelque chose qu’on veut récompenser. Mais ce n’est pas le titre en tant que Mgr, qui m’intéresse.

Lors de l’homélie de Mgr Alexis Youlo Touabli, il a demandé qu’on aille au-delà de cette nomination, autrement dit, qu’on vous décore. Qu’en pensez-vous ?

Rien du tout. C’est une façon pour lui de demander à l’Etat ivoirien de reconnaitre, que s’il y a du mérite dans le clergé, et donc des Ivoiriens. Il voudrait aussi qu’on tienne compte de cet aspect-là.

Pères jubilaires marchent ensemble pour la messe du jour

Apparemment, vous êtes un homme atypique

Non, chacun a sa manière de se positionner. Sur les uniformes portés par les fidèles, je ne sais, si vous avez vu : « Je suis un simple serviteur ». C’est l’une de mes conduites de vie, et il y a : « N’ayez pas le goût des grandeurs, laissez-moi attirer parce ce qui est simple ». Les titres ne m’intéressent pas. Certes, ça ne démontre pas, mais ça se vit.  C’est normal qu’un évêque veuille ouvrir les yeux des autorités pour dire que ceux qui servent l’Etat de Côte d’Ivoire, ils sont aussi dans l’Eglise. Que cela soit possible pour quelqu’un d’autre, mais me concernant, je n’y tiens pas tellement.

Vous avez formé beaucoup de prêtres, qui sont devenus des évêques en Côte d’Ivoire, notamment les nosseigneurs Honoré Beugré, Alain Clément Amiézi, Gaspard Bebi Gneba…Dites-nous, vous les avez pris en quelle année de leurs études ?

Mgr Honoré Beugré, j’ai eu quand il était au Petit séminaire de Gagnoa de même que Mgr Gaspard Bebi. Et d’autres que j’ai eu à l‘Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (Ucao Abidjan). Je ne vais pas les citer tous.

Mgr Honoré Beugré, j’ai eu quand il était au Petit séminaire de Gagnoa de même que Mgr Gaspard Bebi

A cette époque, vous enseigniez quelle matière ?

Pour les nosseigneurs Gaspard Bebi et Honoré Beugré, c’était le Latin et le Français, et probablement Solfège. Pour les autres, c’était au Grand séminaire Saint Cœur de Marie d’Anyama, où j’enseignais l’Histoire de l’Eglise. Je fus aussi directeur spirituel de beaucoup de séminaristes.

Des années après avoir formé de grands hommes de Dieu, quel sentiment vous anime ?

Je ressens une certaine fierté. Mais je n’ai pas été le seul à les former. Ils sont plusieurs. Aussi de mon côté, je suis heureux de voir que leur façon d’être prêtre a été récompensée par le fait qu’ils soient nommés évêques. Je suis plein de reconnaissances et je prie pour que ça se passe bien pour eux. Etre évêque, ce n’est pas facile.

Hier, dimanche 19 avril 2026, ces évêques ont été à votre cérémonie, vous êtes salué. Qu’est-ce qu’ils vont dire exactement ?

Tous pour la plupart étaient venus pour le jubilé de vie sacerdotale que je fêtais. Une réponse à Dieu, une réponse qui dure. Pour eux, c’est quelque chose, qui les fait booster aussi dans leur préséance. Ils sont venus me féliciter, et très probablement, ils demandent aussi à Dieu de pouvoir leur répondre longtemps.

Mgr vous êtes ici, depuis des années, après votre retraite. Dites-nous, quelles sont vos charges dans ce diocèse ?

En finissant mon contrat avec l’Ucao d’Abidjan, j’ai avisé mon évêque. Celui-ci m’a affecté comme vicaire à la paroisse de Lakota. En allant à Gagnoa pour donner un coup de main pour la formation théologique des laïcs, je me suis arrêté au Centre des catéchistes de Lakota. J’ai vu que ce Centre est devenu l’ombre de lui-même. Alors que c’était un haut lieu de la formation. Mgr Aké, qui fut évêque à cette époque, avait affecté des prêtres, et ce centre tombait en ruines.

J’ai vu que ce Centre est devenu l’ombre de lui-même. Alors que c’était un haut lieu de la formation

Sans avoir eu l’autorisation de l’évêque, j’ai entrepris moi-même des travaux de réhabilitation. J’ai fait appel à mes anciens élèves-prêtres, et nous avons débroussaillé le Centre. On a fait revenir l’eau et l’électricité. C’est après ces travaux, j’ai rendu compte à Mgr Aké Joseph. Il a dit oui Ablé, je suis au courant. La formation des catéchistes est repartie de plus belle, avec des spécialistes. J’ai été, par ailleurs, celui qui devrait superviser la formation. Tout en étant vicaire à Lakota, après je fuis affecté à Gagnoa.

Pour cette année pastorale 2025-2026, de nouvelles fonctions vous ont-elles été confiées ?

Pour cette année pastorale, je ne suis plus responsable du Centre de catéchiste. Je suis toujours prêtre résident à la paroisse de Garayo de Gagnoa. Je donne des coups de main pour les confessions, formations et messes. On n’est pas là pour dormir seulement, mais on aide. Quand mon tour de célébration dans la semaine arrive, je le fais. Les évêques de Côte d’Ivoire ont voulu que je donne des cours d’Histoire de l’Eglise dans ce séminaire de Guéssiho de Gagnoa, où il y a manque de professeurs dans cette discipline.

Entretien réalisé par Magloire Madjessou, Envoyé spécial

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