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Famille chrétienne et mariage : Prêtres, religieuses et laïcs réfléchissent sur l’exhortation apostolique Amoris Laetitia

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Prêtre, pasteur et laïcs décortiquent Amoris Laetitia/Ph Credo

A travers les échanges organisés par le Centre de counseling professionnel et de la pastorale clinique (COPAC), l’Eglise invite à écouter les réalités vécues par les familles, à discerner les signes et les appels de Dieu et à mieux les accompagner dans leur chemin de croissance et d’annonce de l’Evangile de la famille. Tel est l’objectif qui a réuni, samedi 29 août 2026, à l’Institut de la compagnie de Jésus d’Angré Cocody (ITCJ) Abidjan, prêtres, religieuses et laïcs sur différentes problématiques liées à l’exhortation apostolique « Amoris Laetitia », qui signifie, la Joie de l’amour.

Père Jean Messingué, directeur du Copac et initiateur de ces échanges, intervenant sur la conférence inaugurale, a affirmé que le Pape François et les pères synodaux ont constaté la complexité des réalités auxquelles les familles sont confrontées dans un contexte de transformation rapide.

Pour le père, après analyse sur l’exhortation apostolique, le Pape propose une approche positive de la pastorale de la famille, c’est-à-dire dans une approche d’accompagnement, d’écoute, et de miséricorde etc. Dans son développement, il a interrogé les théologiens africains, à savoir où en sommes-nous avec la réflexion sur les réalités concrètes de nos familles ou la mise en place d’une pastorale de famille que l’Eglise propose à partir de « Amoris Laetitia » ?

Serge Essis, formateur, intervenant sur le panel :  la créativité pastorale pour une formation intégrée des familles chrétiennes, il a dépeint les problèmes tels que les tablettes avec les enfants, l’éducation, l’addiction à la drogue etc. Selon lui, il n’appartient pas seulement d’enseigner aux couples mais plutôt à construire une bonne manière de parler. Travailler à la communication conjugale, dit-il, et la gestion des conflits, c’est déjà préparer l’environnement éducatif de l’enfant.

A l’en croire, à Abidjan, les enfants de 3 ans ont déjà à des tablettes et des adolescents passent 6h voire 8h par jours sur les réseaux sociaux en découvrant la sexualité. Il a conclu en ces termes en affirmant que le silence n’est pas une protection mais plutôt une démission.

Quant à Jeannette Cécile Kakou, membre de la Fraternité Sacerdoce royal, elle a donné quelques exemples de la célébration du mariage au sein de sa fraternité. L’église sur les mariages, souligne la panéliste, propose avec l’Association famille chrétienne fasse des formations sur les familles. Selon elle, la famille émerge du couple, et les initiatives sont plus dans les familles mais pas dans l’état de vie ou le projet du couple. Amoris Laetitia, dit-elle, répond à l’hymne de l’amour. Comme propositions, elle souhaite qu’au niveau des cours de la préparation qu’on puisse aborder la culture de l’amour.

Des religieuses d’Afrique de 6 pays reçoivent leurs diplômes universitaires en COPAC/Ph Credo

Père Emmanuel Sawadogo, curé de la paroisse St Joseph Artisan d’Akouédo Cocody, a expliqué que Amoris Laetitia est un document fondamental, qu’il faut relire pour mieux comprendre ce que le Pape demande. Loin de lui de remettre en cause la doctrine du mariage, « c’est plutôt des pistes qui vont favoriser une vie de couple heureuse et des familles beaucoup plus solides ».

Expliquant que le problème du mariage en Afrique, selon lui, doit aider les personnes à prendre conscience de tout ce qu’ils ont à disposition comme « grâces et forces » et les aidés à transmettre à leur tour. De plus Amoris Laetitia, affirme le père, que les pasteurs devront faire leur propre autocritique de la façon dont ils gèrent la situation.

Mariage sacramentel différé

Lors des échanges sur Amoris Laetitia, les panélistes ont épluché des sujets aussi intéressants sur le mariage que sur la souffrance des femmes. Abordant ce sujet capital, Sr Sophie Kayaba Kaboré, sage-femme et accompagnatrice des femmes, évoque la souffrance de la femme lorsque le mariage sacramentel est différé. « Elle a du mal à éduquer ses enfants dans la foi chrétienne catholique voire dans les sacrements. Les femmes au foyer sans mariage deviennent de plus en plus nombreuses, le graphique ne fait que monter », dit-elle. Enfin, la sœur a expliqué quelques difficultés rencontrées par certains maris à propos de leurs épouses, qui ne serait pas la femme idéale pour assister à une rencontre importante, vu son statut social.

Des parchemins aux diplômés du COPAC

A la fin de ces panels, le Copac comme à l’accoutumée a honoré ses apparents sur la formation reçue. Ces personnes autour d’une soixantaine ont bénéficié de leurs parchemins, en présence du Représentant du président de la Conférence des évêques catholique de Côte d’Ivoire, père Benjamin Koné.

Au moins 25 apprenants ont reçu leurs certificats universitaires en écoute et accompagnement de familles et 37 religieuses diplômées du Copac en Soutien psychologique de première ligne (SPL). Ces apprenants, qui, pour la plupart, sont des religieuses venues de l’Afrique tel que la Côte d’Ivoire, le Benin, le Cameroun, le Gabon, le Sénégal, le Burkina Faso, la République démocratique du Congo (Rdc).

Le public venu participer aux échanges sur Amoris Laetitia à l’ITCJ d’Angré Cocody/Ph Credo

Au nom des récipiendaires, Augusta Christelle Gnépassé, religieuse, a affirmé que ce qu’elles ont reçu au COPAC dépasse le nombre de savoirs théoriques, mais une vision. Celle d’un humain digne d’écoute, de questions et de restaurations. Celle d’une Afrique, qui mérite des professionnels enracinés dans leur culture.

Le COPAC continue de former des centaines d’agents pastoraux capables d’accompagner en intégrant la spiritualité et la santé mentale, et est un leader incontestable dans la formation en Afrique.

Parrain de la cérémonie et Représentant Mgr Marcellin Yao Kouadio, père Benjamin Koné, a indiqué que ce colloque est bienvenu comme données de la doctrine, la poursuite de l’œuvre d’évangélisation et la mission même de l’Eglise. Puis, il a remercié les uns et les autres et souhaité que cela porte des fruits.

Magloire Madjessou

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