
L’histoire de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire a été jalonnée de nombreux écueils. Pour examiner les défis liés à la réforme envisagée et proposer des pistes en faveur d’une gouvernance électorale crédible et inclusive, le Centre de recherche et d’action pour la paix (Cerap) et la Fondation Konrad-Adenauer (KAS) ont co-organisé une conférence de presse, le vendredi 25 septembre 2026, au siège du Cerap, à Abidjan-Cocody.
Cette rencontre a permis aux deux institutions de présenter leurs propositions concernant la réforme électorale en Côte d’Ivoire. Le Cerap et la KAS entendent notamment répondre au besoin pressant de renforcer la confiance entre les Ivoiriens et les institutions, ainsi qu’à l’urgence de mettre en place un organe de gouvernance électorale indépendant, impartial et inclusif. Dans cette perspective, ils échangent avec les institutions étatiques, les missions diplomatiques, les partis politiques et les organisations de la société civile.
Le père Fidèle Djimbéré, jésuite et enseignant-chercheur au Cerap, a souligné la nécessité de renforcer la confiance entre les Ivoiriens, mais également celle qu’ils accordent aux institutions. Selon lui, la confiance, largement évoquée durant les travaux, ne se décrète pas, elle « se construit à partir des habitudes », notamment grâce au respect de la parole donnée. Pour parvenir à des institutions solides et crédibles en Côte d’Ivoire, le père Djimbéré préconise donc la consolidation d’institutions crédibles et la création d’un véritable climat de confiance.
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Lors des travaux, les participants ont également recommandé l’établissement d’une liste électorale fiable et la définition d’un mécanisme de révision qui ne suscite pas de tensions. Le père Fidèle Djimbéré a, en outre, estimé que tous les Ivoiriens devraient bénéficier d’une éducation civique leur permettant de mieux s’approprier les enjeux de leur pays.
L’éducation civique électorale doit, selon lui, favoriser des comportements responsables, prévenir les conflits liés aux élections
L’éducation civique électorale doit, selon lui, favoriser des comportements responsables, prévenir les conflits liés aux élections et, à terme, exclure la violence du processus électoral. « Dans une démocratie, il y a le pluralisme politique. Ce n’est pas parce qu’une personne pense autrement qu’elle est votre ennemie », a-t-il rappelé.
Pour sa part, l’imam Ibrahima Koné, de la mosquée d’Abobo Sogefia, également secrétaire général du Forum des confessions religieuses de Côte d’Ivoire, a relevé que les élections constituent, depuis plusieurs années, une source récurrente de conflits dans le pays. Selon son constat, des crises surviennent presque chaque fois qu’un scrutin est organisé en Côte d’Ivoire.
Évoquant la nouvelle mouture de l’organe électoral proposée par le gouvernement, structurée autour de trois branches, l’imam a indiqué que l’État « attend des propositions de la part des religieux et de la société civile ». Au terme de leurs réflexions, les différentes entités représentées ont ainsi proposé « une commission électorale qui soit acceptée de tous ».
Magloire Madjessou
madjessoum@yahoofr








































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»