Jeudi 18 et vendredi 19 juin 2026, prêtres, religieuses et laïcs réfléchissent durant deux jours sur le thème général : « Comment les tabous, les secrets de famille protègent ou fragilisent-ils le bien-être des enfants, des hommes et des femmes ? ». C’est autour de cette thématique essentielle que le Centre de counseling professionnel et de la pastorale clinique (COPAC) dirigé par le père Jean Messingué, Sj, a organisé ce colloque international, en vue de sensibiliser le public sur l’influence des tabous et des secrets de famille dans la construction du bien-être individuel et collectif.
En Afrique, plusieurs études ont montré que les abus sexuels se passent dans les familles et au sein de l’Eglise, mais les cas de dénonciations sont encore rares. En effet, les tabous et les secrets de famille relèvent d’une construction sociale enracinées dans des croyances centrales, qui structurent les identités et l’ordre social.
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« C’est le silence qui donne des signes de la présence d’un tabou, mais le silence ne signifie pas forcément qu’il y a un tabou »
Dans son exposé, Dr Modeste Gnoka Bouabré de l‘Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody Abidjan, a expliqué qu’il y a un lien entre tabou et le secret. « C’est le silence qui donne des signes de la présence d’un tabou, mais le silence ne signifie pas forcément qu’il y a un tabou ». Selon le maitre de conférence, le secret, il est individuel et lié à une unité réduite, par contre le tabou a une unité plus grande.
Dans la société africaine, s’est exprimé Dr Bouabré Modeste, beaucoup sont soumis plus au secret qu’au tabou. Plus que le secret est plus proche qu’au tabou. Pour lui, nous sommes dans une société moderne éclatée, ouverte et débarrassée du poids de la tradition. « Les gens sont portés plus sur le secret », dit-il. Il a aussi fait mention à des secrets liés à la déontologie. Dans la pratique professionnelle, estime Dr Bouabré, il y a des choses qu’on ne doit en parler.

Par contre, les autres ne sont inclus dans le soi
La 2è communication a été décortiquée par Dr Gabrielle Ndiaye de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar. Selon elle, on distingue, en psychologie sociale deux orientations culturelles, à savoir l’individualisme ou le soi indépendant et l’autre la manière de se reconstruire, de se représenter soi-même, centré sur l’individu. Par contre, les autres ne sont inclus dans le soi. Pour la psychologue Ndiaye, l’objectif de cette manière de se construire c’est dans la différence de l’appréciation, à s’affirmer et à privilégier son bien-être.
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Père Aurélien Follifack, directeur de l’Institut théologique de la compagnie de Jésus (ITCJ) d’Angré Cocody-Abidjan, a indiqué lors de sa conférence la fonction ambivalente du secret dans la sainte Bible. Evoquant le cas de Joseph et ses frères dans la Bible, selon le père, celui-ci fut tué par ses frères et ont gardé le secret. « Le mensonge est servi au père. Une bête féroce l’a dévoré. Les frères essaient de garder ce secret quand bien même ils se rendent en Egypte », a-t-il expliqué, lors de sa conférence publique.
Parlant du secret confessionnal, il dira qu’aucun prêtre n’a le droit de dévoiler ce secret
Les tabous structurent les relations, à en croire le père, les rapports sociaux de manière positive et négative. Parlant du secret confessionnal, il dira qu’aucun prêtre n’a le droit de dévoiler ce secret. Même, si une personne vous dit qu’il a tué quelqu’un, il n’a pas le droit de dévoiler ce secret. A la limite, comme acte de pénitence, invitée cette personne à se rendre dans un commissariat pour signaler cet acte odieux ou se rapprocher de la famille de cette personne.
Le Colloque international sur les tabous, secret de famille et bien-être prend fin, ce vendredi après-midi, par des résolutions sur cette problématique, qui assaille le continent africain, aujourd’hui : les tabous et secrets de famille et le bien-être.
Magloire Madjessou











































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»