Accueil A la une Culture : 3 artistes ivoiriens en quête de mémoire et de sens

Culture : 3 artistes ivoiriens en quête de mémoire et de sens

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L"art contemporain présenté à l'espace Ludic Golf Hôtel Cocody Abidjan, par 3 artistes peintres/Ph DR

À l’espace Lydia Ludic de l’Ivoire Golf Club Cocody Abidjan, l’art contemporain ivoirien s’invite sous le signe de la mémoire. Du 29 avril au 29 mai 2026, l’exposition « Mémoire des lieux » réunit trois artistes-peintres — Peinsso, Gwa-Lé et Fofana — dans une exploration croisée du temps, de l’environnement et des héritages culturels.

Présentée lors d’une conférence de presse le 15 avril 2026, cette exposition se veut, selon Fofana, « une immersion du passé au présent ». L’artiste, qui revendique une quarantaine d’œuvres à son actif, interroge le temps à travers des portraits de personnes âgées. Entre rides marquées et teintes assourdies, ses toiles exaltent la vieillesse comme une victoire, loin de toute fatalité. Par le recours au collage — fragments de journaux savamment intégrés — et à l’art texturé, il érige ses figures en véritables « bibliothèques vivantes ».

Dans une veine engagée, Peinsso fait de la matière plastique un médium artistique. Ses œuvres, réalisées à partir de sachets récupérés, dénoncent la pollution environnementale tout en donnant forme à des visages expressifs. Chaque fragment devient ainsi porteur d’identité et d’émotion. « Ma vision, c’est de sauver mon environnement », confie-t-il. L’artiste nourrit également l’ambition d’investir l’espace urbain avec un projet d’art mural intitulé « nez-grosité », une démarche à la fois esthétique et critique.

Des artistes peintres et des invités

Quant à Gwa-Lé, il propose une plongée dans l’invisible. À travers une peinture nourrie par l’énergie cosmique, il explore la mémoire des traditions, notamment à travers la figure d’un chef guerrier en renaissance lors du Fakwé, célébration en pays Kwa. Entre visible et invisible, son travail capte l’essence des rites et leur résonance dans les générations présentes et futures. Lui aussi pratique l’art mural et le collage, inscrivant son œuvre dans la ville.

Portée par Josiane Prod, avec le soutien de Lydia Ludic, cette exposition ambitionne de révéler ces talents et de favoriser leur professionnalisation. Le vernissage, prévu le 29 avril, marquera le coup d’envoi d’un mois dédié à la création picturale ivoirienne.

Aka Ahoussi

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