Passoulé Awa, 44 ans, d’origine musulmane, est devenue chrétienne catholique, il y a 8 ans. Après des épreuves jugées très difficiles dans sa petite enfance, elle se baptise et se confirme, en 2019, pour adopter les prénoms Marie-Emmanuelle. En dépit de son analphabétisme, elle reçoit des visions comme celle de la célèbre et sainte Bernadette Soubirous. Sa langue « brûle » très fort, des plaies sur la langue, tout son corps également, pour exprimer des visions. Mystères, visions, révélations sont devenus son quotidien. Et ces visions qu’elle donne sont d’une percée évangélique, et transforment l’Homme, pour celui qui veut suivre le Christ Jésus.
Racontez-nous votre histoire avec l’Église catholique ?
Mon histoire a commencé avec la Vierge Marie lorsque j’avais 12 ans. Je précise que je n’ai pas eu une enfance facile, parce que la grossesse que portait ma mère a été problématique. Tout a été difficile dans ma vie ; la preuve, je n’ai pas connu ma mère après ma naissance. Lorsque j’ai eu 1 an, j’ai été arrachée à ma mère. D’aucuns disaient que je suis une enfant maudite, vu la manière dont je suis venue au monde. J’ai été fait sortir de la cour familiale et remise à une cousine éloignée pour qu’elle s’occupe de moi.
Lorsque j’ai eu mes 10 ans, je suis retournée voir ma grand-mère. Ma tante, qui est la petite sœur de mon père, a un ami, et celui-ci cherchait une servante. Ma tante a dit à cette personne de ne pas me payer à la fin du mois, mais qu’elle me prenne comme sa propre fille. C’est ainsi que je me suis retrouvée au quartier Sideci de Yopougon. Après mes 12 ans, je pleurai énormément, et un soir, dans ma vision, une dame est venue me consoler de mes pleurs.
N’avez-vous pas des frères et sœurs ?
Je ne les connaissais pas. Pour moi, ma mère était décédée. Une dame est venue et m’a prise sur ses pieds, mais elle ne parlait pas. Souvent, quand je ne me porte pas bien, elle me prend pour me cajoler. À chaque fête, lors de mes promenades, je ramasse dans les rues des bijoux, souvent dans la boue.
À mon retour de la maison, je les présente à mes tantes, qui me rabrouent des objets trouvés. À 18 ans, je pars à des funérailles à Toumodi, au décès de mon oncle paternel. Dans cette ville, je suis informée que mon père viendra me chercher. Je fais la rencontre de mon père biologique pour la première fois de ma vie, et ma mère lorsque j’avais 21 ans.
Comment s’est donc faite votre rencontre avec la Vierge Marie ?
la Vierge Marie dit : « Il n’est pas encore l’heure pour moi d’être là, où elle se trouve. » J’ai répondu : « Non, je veux partir avec toi. »
Un jour, j’ai aperçu la Vierge Marie, lui demandant de partir avec moi, sous prétexte que je ne veux plus rester dans cette cour. Au départ, je pensai que c’était ma mère. Dans cette vision, la Vierge Marie dit : « Il n’est pas encore l’heure pour moi d’être là, où elle se trouve. » J’ai répondu : « Non, je veux partir avec toi. » Elle me rétorqua : « Quand j’aurai l’âge, elle viendra me chercher et me laisser dans la main de son fils. » Je lui demande à nouveau : qu’est-ce que ton fils ? Elle répond : « C’est Jésus Christ. »

Ainsi, j’ai commencé à expliquer à des personnes que la femme que j’ai vue dans ma vision n’est pas ma mère, mais plutôt la Vierge Marie. Ceux qui sont catholiques m’écoutaient ; par contre, d’autres rechignaient. À vrai dire, ces visions ont commencé à me fatiguer.
Après, dans mes visions, j’ai commencé à voir les saints tels que saint Joseph, sainte Rita, saint Jean Baptiste, saint Jacob, etc. Pour la première fois, lorsque j’ai vu saint Joseph, il m’a intimé l’ordre de me rendre à l’église. Je lui ai répondu que je n’irai pas à l’Église. Il est parti. La deuxième fois, quand il est revenu, il a attrapé ma main pour me conduire à l’église. Quand je suis rentrée, des prêtres célébraient la messe. Saint Joseph me dit : « Désormais, c’est ici que tu seras. »
Je ne connaissais pas encore un prêtre à qui l’expliquer. J’ai souvent expliqué à mes clientes, parce que moi, de profession, je suis coiffeuse. En expliquant, des dames me disaient : vous avez la chance, tu as des visions, etc. Je leur réponds : « Non, ce n’est pas de la chance. » Un jour, j’ai eu la visite de la Vierge Marie. Cette sainte venait deux fois dans l’année, au début et à la fin de l’année. Quand je tombe malade, elle vient à mon chevet et prend place. Une fois, elle est venue me disant de chercher un chapelet pour prier le rosaire. À vrai dire, j’ignorais le rosaire. Ainsi, j’ai expliqué à mes clientes, et elles ont acheté le rosaire pour me le donner.
Il y a un prêtre du nom de Danho Mathieu, qui est décédé. Je partais à la maison, un soir. Il est sorti de l’église pour m’interpeller. Je fuyais parce que, ce jour-là, je devais me faire opérer de l’hernie ombilicale. Des personnes, sur la route, me disaient : ne vois-tu pas qu’un prêtre t’appelle ? Va. Je me suis dit que certainement il voulait me dire une mauvaise nouvelle sur ma vie : la mort.
Donc je n’y vais pas. Le prêtre me dit ainsi : il était en train de dire la messe et, en soulevant l’hostie, le Seigneur lui dit que s’il finit, il ne faudrait pas qu’il rentre à la sacristie sans dire à cette personne que le Seigneur Dieu a désormais sa marque sur moi, Awa. Ensuite il dit : « Je le servirai un jour. » Pour ce qui est des visions, le prêtre Danho me dit encore : « De ne pas avoir peur, que c’est lui l’auteur (Jésus) de ces visions. Aucun esprit ne peut te troubler. De les suivre. » Quand je suis rentrée à la maison, je fus confuse par les propos du père Danho.
Le jour, où la Vierge Marie m’a dit d’acheter le chapelet, après, je suis allée chercher le prêtre, et j’ai appris qu’il était décédé. Quand je me couchais, la Vierge Marie m’apprenait à méditer le chapelet ainsi que le rosaire.
Expliquez-nous votre rencontre avec le Seigneur qui vous amenée à l’église catholique ?
Dans ma vision, j’ai vu le prophète Jean-Baptiste me dire de ne plus maudire. Par la suite, il m’a expliqué ce qu’est le chemin de la vie et il est parti. C’est après que saint Joseph est venu m’intimer l’ordre de rentrer dans l’église. Il y avait des prêtres qui célébraient le Saint-Sacrement. Puis, il s’en est allé.
Huit mois après, j’ai rencontré le Seigneur Jésus. Revenant de la mosquée, je rentrais chez moi lorsque, soudain, le ciel devint noir. En ce moment, des enfants qui étaient là disaient : « Les humains pensent qu’il fait nuit, alors que c’est le tonnerre qui était en froid avec le ciel. » Moi, je demandais aux enfants : « Comment est possible cette fusion entre le tonnerre et le ciel ? »
Après quoi, tout devint noir au ciel et le ciel a commencé à changer de direction en prenant la forme d’une montre. Courant de part et d’autre, il était devenu comme une femme qui était en train d’accoucher. Finalement, cette montre s’est transformée en une grosse et belle croix tombée du ciel. Au fur et à mesure qu’elle descendait, cette croix a pris le visage d’un être humain, or c’était Jésus-Christ. Quand je l’ai vue, j’ai crié fort. Je me disais : « J’allais déchirer ses vêtements pour aller les montrer à ma mère. » Jésus est descendu du ciel portant avec lui le Saint-Sacrement.
Voici ses paroles : « Voici le Saint-Sacrement que je te donne. » Et il me demanda de regarder en arrière. Quand j’ai regardé, il y avait du beau monde : musulmans, chrétiens, féticheurs, etc. Jésus me dit : « Tous ceux qui viennent marchent à ma rencontre. Beaucoup d’entre eux ne verront pas. » Puis, je voulais lui dire sur le champ : « Et moi ? » Il dit par la suite : « À toi, je te montrerai mon visage. » Chemin faisant, il me confie à la Vierge Marie, tout en me montrant de l’eau dans une bassine, puis il remonte vers le ciel. C’est ainsi que le matin, j’ai couru pour aller à l’église catholique. Je précise que personne ne m’a accompagnée, mais c’est après ma rencontre avec le Seigneur que j’ai commencé à fréquenter l’Église catholique.
Je précise que personne ne m’a accompagnée, mais c’est après ma rencontre avec le Seigneur que j’ai commencé à fréquenter l’Église catholique
Une fois arrivée à l’église, j’ai vu le père Boileau. Dans nos échanges, je lui ai tout expliqué. Lorsque je suis rentrée chez moi, pendant trois jours, je n’ai ni bu ni mangé. Je pensais que c’est le prêtre qui avait prié pour que je fasse ces trois jours de jeûne. Je lui ai alors dit de retirer ses paroles sur moi, car je n’avais aucune volonté de devenir chrétienne. Cette nuit-là, j’ai fait une autre vision. Je me suis retrouvée à l’église et des enfants sont venus déposer une caisse.
Une dame m’a dit : « Aujourd’hui, tu ne verras pas de prêtres, mais tu le verras lui-même, le Christ. » Lorsque les tout-petits ont ouvert la caisse, une forte lumière est sortie et tournait dans l’église, au milieu des chrétiens, sans broncher. Ainsi, j’ai crié : « C’est Jésus-Christ, parlez-lui de vos problèmes ! » C’est alors qu’il m’a dit : « Moi, je le vois et l’entends. »
Jésus m’a ensuite dit : « Je viendrai vers toi et à travers ceux qui ne me connaissent pas pour annoncer mon arrivée aux autres. » Après ces paroles, je me suis levée et suis partie à l’église. Là, j’ai commencé le catéchuménat. J’ai été suivie longtemps par des prêtres avant d’être envoyée chez l’évêque de Yopougon. Des pères m’ont accompagnée dans mon cheminement, comme le père Magloire (aujourd’hui en France), le vicaire général N’Guessali Donatien, et Thierry Michel Mobio, curé de la paroisse Saint-Timothée de Yopougon, au quartier CIE.
Nous avons appris que vous avez été prise en charge par Mgr Jean Salomon Lezoutié, évêque du diocèse de Yopougon. Pouvez-nous en dire un peu plus… ?
D’abord, cela a commencé avec les prêtres. C’est le père Boileau qui m’a reçue. Quand j’ai vu Jésus, c’est le père qui m’a suivie jusqu’au baptême. Les messages que je recevais étaient forts. Les prêtres n’arrivaient plus à comprendre. Quand le message vient, j’ai la bouche qui brûle ainsi que la langue, parfois c’est comme s’il y avait des écailles de poisson sur ma langue.
Les messages disaient quoi exactement ?

Ils parlaient de la vie des prêtres. Mais je ne veux exposer qui que ce soit… Ces messages disaient que je dois aller informer l’évêque de Yopougon de ce qui arrivera. J’évite aussi de m’immiscer dans la vie privée des personnes. Mon enfance fut compliquée au point que moi-même, je suis réticente. Je fus donc conduite chez l’évêque de Yopougon.
Est-ce des messages de mort à l’endroit des prêtres ?
Non, ce n’est pas ça. Souvent, ces messages touchaient la vie privée des prêtres.
À cette époque, de quoi souffriez-vous ?
La bouche qui devient une sorte de plaie, le corps qui brûle comme si on avait versé de l’acide
La bouche qui devient une sorte de plaie, le corps qui brûle comme si on avait versé de l’acide. Cela signifiait qu’il faut que je parle pour me libérer de cette situation. Quand ça brûle fort, je vais voir l’évêque et je lui dis le message en question. Il prie pour moi et ça passe. Ça ne finit pas totalement, mais il y a une nette amélioration. Jusqu’à présent, ça continue, mais ce n’est plus récurrent comme dans le passé. J’ai aussi appris que cela resterait sur moi éternellement.
Est-ce que, dans le diocèse de Yopougon, vous vous faites suivre par un prêtre exorciste ?
Non. Me concernant, c’est Jésus qui m’oriente. J’ai aussi reçu des messages pour d’autres prêtres charismatiques ; je suis allée leur donner ce message. Sinon, au début, la Vierge Marie est apparue dans ma chambre pendant 3 jours. Elle était là, elle ne partait pas. Je lui ai dit : quand tu viens, je préfère que tu sois dans mes visions et non de façon visible. Veux-tu que je meure ? La première fois qu’elle est venue, j’étais avec ma nièce et mon fils. La deuxième fois, mon fils et moi l’avions vue, mais ma nièce dormait.
Enfin, la troisième fois, deux dormaient, mais moi non. Et la Vierge Marie de me dire : quand tu es triste, je suis attristée. Tu es tellement triste que je suis obligée d’apparaître. En outre, la Vierge Marie me dit : va voir un prêtre du nom de Raoul Mambo. À l’époque, je ne le connaissais pas. Je suis donc allée le rencontrer. C’est grâce à une amie qui m’a aidée. Quand je suis allée, le père Mambo m’a reçue et nous avons échangé. Un jour, Jésus me dit : « Il faut que le père Raoul Mambo sache que tu existes. »
Je ne suis plus retournée le voir, parce que ses séances finissaient tard, et moi, j’habitais un peu loin. Je dormais dans une quincaillerie, au point que si je ne suis pas là aux heures normales, le gérant peut fermer.
En mars 2020 survint la Covid-19 en Côte d’Ivoire et dans le monde entier. À cette occasion, vous faites beaucoup de révélations sur cette pandémie. De quoi avez-vous parlé à cette époque ?
Là, c’est une vision que j’avais faite. Dans ma vision, il y avait des milliers de personnes qui tombaient, mouraient, etc. Ainsi, la Vierge Marie m’a dit de porter la nouvelle à Mgr Lezoutié : qu’il y aura une maladie qui viendra sous la forme de la peste. Je suis illettrée, encore moins analphabète. Donc je ne peux savoir ce que c’est que la peste. Je suis donc allée expliquer à Mgr Lezoutié, en lui disant : voici le message que j’ai reçu de la Vierge Marie concernant une maladie qui va bouleverser le monde entier. La Vierge Marie me charge de lui dire, afin que l’évêque et son clergé puissent prier. Quand j’en ai parlé à Mgr Lezoutié, il fut étonné. Il dit : ma fille, « la peste, non ».
Puis, Mgr m’a expliqué ce qu’est la peste. Il était étonné parce que je ne suis pas allée à l’école et je lui parle d’une forme de peste. Il dit : on va prier. Ainsi, je suis partie. Un an après, je fais une autre vision, où j’ai vu des Chinois couchés à même le sol, mourant à tout point de rue, chez eux, dans les hôpitaux.
Une amie à moi me disait un jour : te souviens-tu de la maladie dont tu me parlais, qui allait venir sous forme de la peste, que les Chinois mourraient en grand nombre ? Elle me dit effectivement qu’il y a une maladie qui est arrivée en Chine, tuant des milliers de personnes. Après ces propos, je ne me suis pas occupée de ça. C’est quelque temps après que j’apprends qu’une maladie décime le monde entier, du nom de coronavirus ou Covid-19.
Mgr Lezoutié me dit : comme le message a été donné par toi, demande donc à la Vierge Marie ce qu’il convient de faire. Je me mets donc en prière
Mgr Jean Salomon Lezoutié me fit appeler et dit ceci : « Ma fille, te souviens-tu qu’un jour tu me parlais d’une maladie qui allait venir sous forme de peste ? C’est arrivé, c’est en train de décimer le monde entier, en Italie, en France, etc. » Mgr Lezoutié me dit : comme le message a été donné par toi, demande donc à la Vierge Marie ce qu’il convient de faire. Je me mets donc en prière. Dans une vision, la Vierge Marie me montrait l’image d’un ciel devenu une marmite couverte d’une fermeture. Ainsi, elle me dit : « Le jour où cette marmite se fermera, la maladie aura pris fin dans le monde », et de dire à Mgr : voici comment ils doivent prier. Ces consignes sont les suivantes : un évêque et 6 prêtres font 7 au total. Le chiffre 7 doit former douze apôtres pour prier et guérir le monde entier de cette maladie.
Certains d’entre eux mettaient en doute ma vision, parce que je suis illettrée pour dire de telles énormités. Mgr Lezoutié, qui croit en moi, avait donné tout de même mon CV pour les « convaincre » de ma bonne foi sur cette parole révélée. (Rire.) Certains d’entre eux disaient que c’est aussi notre Bernadette Soubirous qui est là. (Rire.) Un jour, la Vierge Marie m’a montré que la marmite s’était fermée complètement et j’ai appelé Mgr pour lui annoncer cette bonne nouvelle.
Pensez-vous que cette maladie ne va pas revenir encore ?
La Vierge Marie a parlé encore d’une maladie, sans toutefois en préciser la nature. Il y a un an, elle m’a parlé de cette maladie. Pour elle, s’il n’y a aucune prière, peut-être qu’elle serait pire que la Covid-19. Cette maladie pourrait décimer entièrement des élèves. Parce que dans la vision, elle m’a montré des élèves qui tombaient ; elle se présenterait comme une fièvre jaune sous forme d’épidémie dans le monde entier.
Pour elle, s’il n’y a aucune prière, peut-être qu’elle serait pire que la Covid-19. Cette maladie pourrait décimer entièrement des élèves
Votre langue brûle, le corps également. Est-ce qu’on peut dire que vous ne souffrirez plus de ces maux ?
Ce n’est pas fini. Le corps va mieux maintenant, mais la bouche, je crois que c’est à vie. Le père Raoul Mambo a prié pour ça et, dans les débuts, je souffrais. Ce fut compliqué pour moi de sortir souvent de la maison parce que tout me brûlait. Je n’arrivais même plus à aller au travail.
Après des années, vous êtes devenue catholique, alors qu’avant vous étiez de religion musulmane. Comment s’est faite cette transition-là ?
Quand j’ai commencé la catéchèse, je priais pour que Dieu me donne la grâce afin que mes parents comprennent ma nouvelle vie avec l’Église catholique. D’ailleurs, je priais tous les jours pour cette cause. À chaque fois que je vais à la maison, chez ma grand-mère, il y a une sorte de blocage qui se passe. Un jour, dans ma vision, Jésus me dit ceci : « Tous ceux qui seront un obstacle sur mon chemin, je les balaierai. » Il faut noter que tous les oncles qui ont fait la Mecque, personne ne vit plus aujourd’hui.
Est-ce que des personnes de ta famille étaient contre le choix de la religion catholique ?
Je n’aime pas exposer ma vie. Actuellement, personne ne sait ce que je vis. Mes parents ont constaté qu’il y a eu un véritable changement au niveau de la vie chrétienne. Au point que ma grand-mère, auprès de qui j’étais, a rendu un témoignage me concernant. Pour elle, sa petite-fille que je suis ne parle plus. Je ne voyais plus les choses comme dans le temps passé. Il y a eu un bouleversement total de ma vie. Aussi, ma mère étant musulmane, j’ai prié pour que Dieu la garde encore sur cette terre des hommes.
Avant mon baptême, un oncle qui est parti en voyage au Burkina Faso devait revenir pour assister à ma cérémonie. Hélas, en prenant son ticket pour le retour en Côte d’Ivoire, il a succombé à la mort. Autre fait : je devais aller annoncer à ma mère adoptive que j’allais me faire baptiser. J’ai eu une vision, dans laquelle Jésus-Christ a fait coucher ma mère. Avec cette grâce et cette force, je lui ai annoncé la nouvelle. Selon elle, cette affaire de prêtre que j’entends ces temps-ci m’effraie… À mon baptême, des frères et sœurs et des proches étaient là pour me soutenir spirituellement.
Aujourd’hui, vous êtes chrétienne catholique. Quelles sont vos relations avec vos parents ?

Il y a certains qui étaient contre mon choix, parce que des musulmans, généralement, ne permettent pas que leurs enfants embrassent une autre religion que l’islam. Pour moi, le salut est personnel. Chez nous, en famille, il y a certains qui voient la Vierge Marie, mais ont peur de le dire aux parents, de peur d’être reniés. Il y en a un qui a vu Jésus marcher sur les eaux. Celui-ci a reçu un chapelet de sa part, mais les imams l’ont découragé de suivre cette voie. Aujourd’hui, mes parents ont accepté mon choix d’être chrétienne catholique.
Y a-t-il vos frères et sœurs qui souhaitent aussi devenir catholiques comme vous ?
J’ai aussi un autre cousin, à qui Jésus a remis un chapelet pour prier
Oui, beaucoup. Certains voient la Vierge Marie. J’ai une cousine qui devait accoucher, mais ce fut très difficile. On devait l’opérer. Lorsque les sages-femmes sont sorties, la Vierge Marie est apparue dans la salle. Le temps que ces femmes reviennent, elle a accouché facilement. Elle veut se faire baptiser, mais elle a une grande peur vis-à-vis des parents. J’ai aussi un autre cousin, à qui Jésus a remis un chapelet pour prier. Selon lui, il est le canal par lequel des croyants entrent en islam. En venant à l’église catholique, ce serait trahir la foi en islam ou un scandale.
Depuis près de 8 ans que vous êtes sur cette paroisse, quel est votre rôle spécifique ?
Quand je faisais la catéchèse, il m’a été demandé d’intégrer un mouvement catholique au sein de la paroisse. Quand j’ai prié, le Seigneur ne m’a jamais révélé cela. Lorsque j’ai reçu le chapelet de la sanctification, sur la paroisse, avec le père Blaise Amian, qui fut affecté plus tard. Mais il y a le père curé Thierry Michel Mobio, qui m’a demandé d’intégrer le Conseil pastoral paroissial. Je lui ai dit que je ne sais ni lire ni écrire pour être dans ce Conseil. Par contre, quand je sors pour me rendre dans les paroisses, on me pose la sempiternelle question : que faites-vous comme mouvement sur la paroisse ? Du coup, j’ai accepté d’intégrer le Conseil pastoral paroissial pour le service de la cuisine.
Je tiens entre mes mains un chapelet de sanctification de 24 pages, qui est écrit par vous. Ce chapelet, selon vous, vous a été révélé lors d’une vision. Expliquez-nous.
Le chapelet de sanctification ne provient pas de la Vierge Marie, mais plutôt de Jésus Christ. Il a dit que c’est pour prier pour la sanctification des prêtres. Mais on peut aussi prier pour sa propre sanctification. Mais il y a certains qui ont prié pour des prêtres et obtenu un emploi. Il y a des témoignages qui confirment ce que je dis. À travers ce chapelet, on peut être sauvé des maux tels que l’empoisonnement, la maladie, etc.
Quel est votre niveau intellectuel ?
Je n’ai jamais été à l’école. Si je parle ainsi le français familier, je dirai que c’est la grâce de Dieu.
Êtes-vous mariée ?
Je me suis mariée à l’âge de 22 ans. Étant dans mon couple, saint Joseph m’a annoncé que ce mariage-là, Dieu l’a envoyé pour y mettre fin. Parce que désormais, j’appartiendrai à l’Église catholique. Lui, il me veut pure pour son travail et sa mission. Quand j’ai eu cette annonce de la part de Joseph, il n’y a pas eu d’histoires entre mon époux et moi. Plutôt des difficultés qui jalonnaient notre vie de couple.
Votre ex-mari, sait-il que vous êtes devenue chrétienne catholique ?
Oui, il le sait. Parce qu’avant d’être musulman, il était de religion catholique. Lorsque je faisais les visions, je lui expliquais. Il ne disait rien. Un matin, je lui ai dit que j’ai eu des visions sur saint Joseph me disant que lui et moi allions nous séparer. Il s’étonnait de cette réponse du saint. (Rire.) Je dormais dans une quincaillerie ; Jésus me dit : ne prends pas de l’argent avec une personne, mais tu auras ton appartement.
C’est plutôt lui qui me donnera de l’argent pour la location de mon appartement. Bien que disposant de la caution de mon appartement, il opposa un refus. Jésus me dit aussi d’aller voir un prêtre pour qu’il me donne de l’argent. Cet argent m’a été remis par des pères pour louer la maison dans laquelle je suis actuellement.
Je vends mes livrets pour me permettre d’acheter mon appartement et parfois je sors pour des enseignements aux communautés. Étant illettrée, je n’ai pas la même manière d’enseigner que les autres. C’est Jésus qui me révèle comment je dois disposer mon enseignement à des personnes ou communautés.
Réalisée par Magloire Madjessou










































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»