Après avoir boycotté les élections présidentielles du 25 octobre dernier, les partis de l’opposition veulent prendre part au prochain scrutin, c’est à dire les législatives du 27 décembre 2025. C’est le cas du Pdci-Rda de Tidjane Thiam, qui, dans un courrier, a appelé tous les militants de son parti, à « une participation massive pour ces élections ».
De son côté, le Ppa-ci dont ils sont partenaires dans un Front commun ne s’est pas encore exprimé sur le sujet. Iras-tu à ces élections ou non ? Pour l’heure, des Ivoiriens attendent cette réponse avec impatience, dans les jours qui viennent. Lors d’une interview de Laurent Gbagbo avec une chaine étrangère, celle du journaliste Alain Foka, il avait dit qu’il cèderait le tablier après les élections législatives de décembre 2025. Sans doute que le Ppa-ci de Laurent Gbagbo participera aux élections, mais pour le moment, aucun communiqué n’a été encore rendu public.
Certes, depuis plusieurs années, l’opposition ivoirienne avait appelé le gouvernement Ouattara à une table de négociation, sur divers sujets. Notamment le découpage électoral, l’audit et la Révision de la liste électorale etc. Mais le pouvoir Ouattara n’a donné aucune suite à ces sujets extrêmement importants pour la Nation.
C’est pourquoi, elle persiste et signe sur des marches pacifiques de grandeur nature pour exprimer leur ras-le-bol. D’ailleurs, comme le stipule la Constitution, les marches ne sont pas interdites par celle-ci. Des marches sont organisées, le 9 à Yopougon et d’autres non. La dernière qui fut interdite le 11 octobre, a été violemment réprimée et dont des arrestations et interpellations ont eu lieu. Selon le ministère de la Sécurité et de l’Intérieur, il y a plus de 700 personnes arrêtées.
Revenons sur leur participation aux élections législatives du 27 décembre. L’opposition compte y participer fortement, en demandant à ces milliers de militants dissimulés à travers le pays d’investir les bureaux de vote. Pour ces élections, l’opposition le considère comme un éminent test, en dépit du 4è mandat anticonstitutionnel de Ouattara. Car, les dernières législatives de mars 2021, elle avait raflé quelques sièges électoraux. Par contre, le Rhdp avait fait une razzia de sièges à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

Pour la répartition des sièges, le Rhdp s’en sort avec 137 sièges ; la liste commune Pdci-Rda/Ppa-CI glane 50 ; Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (Eds) se console avec 8 ; Ensemble pour bâtir avec 8 sièges, et le Fpi d’Affi N’Guessan se taille avec 2 sièges, sans oublier les indépendants, qui sont une force politique dans le paysage avec 26 sièges au Parlement.
Découpage déséquilibré
Si l’opposition participe à ces élections, elle risque de perdre gros. D’abord en scrutant le découpage électoral de 2021 qui n’est du tout à sa faveur. Un découpage électoral qui fait le boulevard au Rhdp à remporter tous les sièges à l’Hémicycle. Si ce parti a une petite gentillesse encore dans ses entrailles, il va juste laisser des sièges de consolation aux partis de l’opposition.
A titre d’exemples, et analysant la représentativité flagrante des sièges, on remarque curieusement que la commune de Yopougon, qui est la plus peuplée du pays a 1 571 065 habitants. Elle dispose que 6 sièges à l’Assemblée nationale et la ville de Kong, qui a 294 639 habitants, se fait gratifier de 2 sièges. La commune de Cocody, qui a 692 583 habitants n’a que 2 sièges, alors que la ville de Korhogo, avec 440 926 habitants a 9 sièges.
En définitive, le Rhdp minorise les grands centres urbains du Sud du pays, pourtant plus peuplés, et met plus de sièges dans le Nord. En le faisant ainsi, ce parti au pouvoir se donne une grande marge de manœuvre pour remporter facilement les législatives de décembre 2025. Le système permet au pouvoir d’obtenir une majorité automatique à l’Assemblée nationale, sans véritable compétition, réduisant l’opposition à de simples participants.
Avec un tel découpage électoral fait sur mesure par le Rhdp, ces élections sont un grand boulevard pour ce parti, et fait semblant de gagner cette élection, alors qu’elle a déjà gagné d’avance avec le nombre croissant de sièges, sans bagarre électorale.
Magloire Madjessou











































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»