3 décennies après, naissait un document prophétique qui est le Synode des évêques pour l’Afrique. Ce Synode traçait les sillons d’une évangélisation, qui se voulait authentiquement africaine et chrétienne. Il s’agit pour les organisateurs qui ne sont autres que l’Institut catholique missionnaire d’Abidjan (Icma) et l’Institut théologique de la compagnie de Jésus (Itcj) de s’arrêter pour un exercice « de mémoire, de gratitude et de prospective ». Ainsi, ce 18è Colloque s’est ouvert ce jeudi 12 au 13 février 2026, à l’Itcj Angré Cocody, avec des communications et plus de 500 participants.
Ce 18è Colloque Icma-Itcj porte sur le thème : « L’évangélisation en Afrique : 30 ans après Ecclesia in Africa ». Père Augustin Somé, directeur du Comité scientifique du colloque, en ouvrant ces travaux, il s’agit de confronter la vision de l’Afrique telle qu’elle apparaissait dans l’Exhortation Ecclesia in Africa, avec les réalités complexes de notre temps, de notre Afrique actuelle. Notre argumentaire repose sur la conviction, dit-il, que l’évangélisation doit aujourd’hui parler le langage de cette nouvelle Afrique.
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Pour ces 4 axes qui feront l’objet de communications durant les 2 jours, le père Somé et les participants voudraient célébrer les avancées, les résistances et les pierres d’achoppement, « afin d’ouvrir de nouvelles perspectives pour une foi, qui parle véritablement le langage de nos ancêtres et de nos enfants ».
Père Fabien Yedo Akpa, doyen de la faculté de théologie de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (Ucao) Abidjan, est intervenu sur le thème : « L’Eglise famille de Dieu : transformations ecclésiales et pastorales ».

Se posant la question sur notre héritage du Synode, qu’avons-nous fait, après ces 30 ans pour aider le peuple de Dieu à converger vers le Christ et à témoigner de l’Evangile ?
Selon le père Yedo, 30 ans après, il y un nouveau visage de l’Eglise. Se posant la question sur notre héritage du Synode, qu’avons-nous fait après ces 30 ans pour aider le peuple de Dieu à converger vers le Christ et à témoigner de l’Evangile ?
Dans sa communication, le doyen de la faculté de théologie a demandé qu’on réfléchisse sur la prise en charge économique, la diaconie curative au niveau de l’église locale. Le document Exhortation Ecclesia in Africa, selon lui, au niveau géographique de nos églises particulières à tendance à faire le découpage afin que le peuple de Dieu se rapproche.
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Qui est un acquis, souligne-t-il, avec force. « Les Communautés ecclésiales de bases (Ceb) mises en place, la formation donnée etc contribuent au rapprochement de l’Evangile vis-à-vis du peuple de Dieu ». 30 ans après, Ecclesai in Africa, se réjouit-il, a impacté la vie chrétienne pour l’évangélisation.
La deuxième communication a été développée par le père Dr Yomi Serge-Faustin sur le thème : « Inculturation de la foi en Afrique : avancées, résistances et perspectives ». Le père Yomi, dans sa communication, a parlé d’une « décolonisation épistémologique ». Il n’y a pas de culture qui soit ouverte aux autres, déclare père Yomi, il n’y a pas de don que Dieu ait fait à un homme, à une culture, à une tradition qu’il ne soit pas aussi don pour les autres.
La relecture actualisée du Concile Vatican II, qui selon lui, est le point de départ de la notion d’inculturation

La relecture actualisée du Concile Vatican II, qui selon lui, est le point de départ de la notion d’inculturation. Il y a des choses que les pères, pense-t-il, n’ont pas vu et que nous pourrions relire aujourd’hui, en adaptant. A titre d’exemple, dans ces textes, on fonde le mouvement de l’inculturation sur l’incarnation qui serait le fils de Dieu, alors qu’on aurait pu le faire à partir de la création.
En tant qu’Africain, je peux inculturer cette manière de prier, pour que je me sente chez moi
« Dieu en créa, il pose le premier acte d’inculturation et l’incarnation qui est le fils de Dieu n’ait que la confirmation et l’accomplissement de ce qui a déjà commencé et s’est déployé dans l’Histoire du Salut », a-t-il affirmé.
Pour finir, le père est venu avec une calebasse et de l’eau. Cette symbolique, explique le théologien Yomi Serge-Faustin, qui l’eau est l’expression de la vie. En utilisant la libation en présence des participants et conférenciers, qui « est un langage et un acte religieux surtout une manière de prier ». En tant qu’Africain, je peux inculturer cette manière de prier, pour que je me sente chez moi.
Magloire Madjessou










































« 2020 a été proclamée l’année de «Faire taire les armes sur le Continent». Comment réussir cette prouesse dans un continent aux prises avec des phénomènes prégnants tels que le terrorisme, les conflits intercommunautaires, les crises pré et post électorales ou encore les différends entre Etats ? En agissant de manière concrète sur tous ces sujets et leurs causes profondes, en se donnant les moyens politiques, militaires et diplomatiques, le pari de faire taire les armes pourrait être gagné.»