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Lutte contre la corruption : Le CNDH outille les journalistes d’investigation et les ONG contre ce fléau

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Photo de famille de l'atelier de formation de renforcement des capacités des journalistes/Ph I. Mendy

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a organisé, le vendredi 25 septembre 2026, un atelier de renforcement des capacités à l’attention des journalistes d’investigation et des ONG, dans un hôtel d’Abidjan-Cocody. Dans le cadre de la mise en œuvre de son projet « d’appui à la prévention et à la lutte contre la corruption », l’Organisation veut renforcer les capacités en matière de prévention et de lutte contre la corruption de 15 journalistes d’investigation et ONG sélectionnées.

La corruption constitue un frein majeur au développement économique et à la confiance des citoyens envers les institutions publiques et privées. Pour Koné Flora Yato, chef de cabinet et représentante du président du CNDH, le constat est plus large encore. « La corruption représente une atteinte à la jouissance des droits de l’homme. » Le fléau reste ainsi un défi complexe et persistant.

Poursuivant sur cette lancée, Kouman Dongo, membre de l’ONG Social Justice, est revenu sur les instruments juridiques nationaux et internationaux de prévention et de lutte contre la corruption. Citant, entre autres, la Convention des Nations Unies et le protocole de la CEDEAO contre la corruption, il a souligné que ces textes établissent les actions nécessaires à chaque État pour prévenir le fléau. « La prévention vaut mieux que la guérison », a-t-il prévenu, tout en expliquant que les dispositions contenues dans ces instruments visent la prévention, l’incrimination et la répression de tous les actes constitutifs de corruption.

«Le lanceur d’alerte est différent du fuiteur d’informations et de l’activiste », prévient Kouman Dongo

Le deuxième point marquant de l’atelier a été celui de l’avant-projet de loi relatif aux lanceurs d’alerte. Selon la Haute autorité de la bonne gouvernance en Côte d’Ivoire (HABG), un lanceur d’alerte désigne toute personne physique qui signale ou divulgue des informations relatives à des actes répréhensibles et qui a des motifs raisonnables de croire que ces informations sont véridiques. «Le lanceur d’alerte est différent du fuiteur d’informations et de l’activiste », prévient Kouman Dongo. Pour lui, les lanceurs d’alerte dénoncent l’injustice et la corruption, et sont d’utilité publique. Ils représentent des sources importantes pour les journalistes d’investigation et pour les enquêteurs.

Répondant à la question d’un journaliste sur les canaux qu’un lanceur d’alerte peut emprunter, le représentant de l’ONG Social Justice a signifié que « le lanceur d’alerte doit se fier aux journalistes, à la société civile et à la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG) ». Ajoutant à ses propos, il a indiqué que le lanceur d’alerte a cependant des limites dans son processus de dénonciation. Au nombre de celles-ci figure le cas d’une question portant atteinte à la sécurité nationale, qui fait exception et peut exposer l’auteur de l’alerte à des poursuites devant les tribunaux.

Corroborant les propos de son prédécesseur, Oka Thierry, coordonnateur du Projet d’appui au respect des droits de l’homme dans les processus électoraux (PARDHE), a développé le sujet de l’impact de la corruption et des infractions assimilées sur la jouissance des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Pour lui, « combattre la corruption, ce n’est pas seulement protéger l’argent public ; c’est sauver des vies et restituer aux citoyens leur dignité ». Oka Thierry croit ainsi que la corruption n’est pas une fatalité en Côte d’Ivoire, mais un combat de chaque instant pour la dignité, mené par tous et pour tous. Pour ce faire, il a invité les journalistes présents à être les premiers acteurs de la lutte contre la corruption, à travers leurs voix et les informations qu’ils diffusent.

Enfin, pour le CNDH, la vision est claire quant à l’organisation de cet atelier afin permettre aux journalistes de faire la distinction entre les droits de l’homme et leurs violations, au premier rang desquelles la corruption.

Isaac Mendy (Stagiaire)

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